Coronavirus: confinés à l’étranger, des Marocains témoignent

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Depuis ce matin, plusieurs pays ont décrété un confinement général, après avoir fermé leurs frontières terrestres, maritimes et aériennes. Des milliers de Marocains se sont retrouvés pris au piège, certains ayant choisi de ne pas rentrer au pays , d’autres tentent de se rassurer comme ils peuvent, loin de leurs familles. Témoignages.

Depuis vendredi dernier, le Maroc a décidé en consultation avec l’Espagne, la France et l’Algérie de suspendre toutes les liaisons maritimes et aériennes avec ces pays, afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus (Covid-19). Une décision qui conduira finalement à la suspension de tous les vols aériens depuis et à destination du Maroc.

Cette décision laissera aussi, des milliers de Marocains piégés. C’est le cas de Mehdi, 25 ans, originaire de Rabat, actuellement en confinement à Paris. «Cela fait quasiment une semaine que je suis chez moi, bien avant que le confinement général n’ait été décrété. Je sors faire mes courses, non loin de chez moi et j’évite les longs trajets pour ne pas prendre les transports en commun», nous explique-t-il.

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Mehdi pensait rentrer au Maroc, mais comme «j’avais mon rendez-vous pour le renouvellement de mon titre de séjour ce vendredi 20 mars, je n’ai pas pu rentrer». Doublement bloqué, il est resté pour voir finalement son rendez-vous reporté à une date ultérieure.

Rester ici, plutôt que revenir au Maroc

Ce mardi 17 mars, ils étaient nombreux comme Mehdi à recevoir un message sur leur téléphone, leur annonçant «les règles strictes» à respecter impérativement, «pour lutter contre la propagation du virus et sauver des vies». Parmi ces mesures, celles imposant de se munir d’une attestation pour pouvoir sortir de son domicile.

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Sara, originaire de Casablanca a reçu le même message. Elle a décidé pour sa part de limiter ses sorties dès jeudi dernier, car «on commençait déjà à s’inquiéter, les métros étaient bondés, alors que les gens autour semblaient ne pas prendre ça au sérieux, j’ai dû donc limiter mes sorties surtout que j’ai un système immunitaire fragile», nous explique-t-elle.

Depuis, Sara ne se rend qu’au supermarché ou à la pharmacie en cas de besoin. Néanmoins, rentrer au Maroc n’était pas une option, nous confie-t-elle. «Je n’ai pas envisagé le fait de rentrer au Maroc, étant donné que le système de santé est nettement meilleur ici, et qu’il y a beaucoup plus de places dans les hôpitaux, que les ambulances sont réactives», affirme Sara.

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Elle et son conjoint, tous deux Marocains, ont préféré rester à Paris, d’une part parce que «(mon) mari travaille et n’a eu droit au télétravail qu’après quelques jours», et surtout après que toutes les liaisons soient définitivement suspendues entre les deux pays.

Sonia, Maroco-espagnole de 25 ans, n’a pas souhaité non plus rentrer au Maroc. Elle est sa soeur se trouvent actuellement en quarantaine à Malaga (sud de l’Espagne). «Je n’ai pas mis les pieds dehors depuis jeudi, bien que l’état d’alerte n’a été annoncé que samedi», et ce pour une durée de 15 jours, nous explique notre interlocutrice.

« Scènes hallucinantes dans les supermarchés »

 

«Heureusement j’ai pu faire mes courses, car les étalages ont été vidés en quelques heures, c’était vraiment des scènes apocalyptiques, des personnes qui se disputaient pour du riz ou moins que ça» s’insurge-t-elle. Le même constat nous est rapporté par Soukaina à quelque 5 000 kilomètres de son pays natal, à Montréal plus précisément.

Dans la ville la plus importante du Québec, la quarantaine n’a toujours pas été annoncée par les autorités. «Malgré l’état alarmant de la situation, l’ambiance est assez calme par rapport à ce qu’on voit en Europe», nous explique cette étudiante originaire de Casablanca.

Pour le moment, les établissements universitaires et scolaires sont tous fermés pour une période de 14 jours, qui peur être rallongée, poursuit-elle. Toutefois, les restaurants et cafés restent ouverts mais «on ne voit quasiment personne (…) les rues sont plus calmes et vides», explique Soukaina qui affirment que «les gens sont assez sensibilisés».

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Cela n’empêche pas les «gens de surcharger leur charriot (…) alors que le gouvernement nous a bien informés qu’on ne souffrira pas de pénurie de nourriture», poursuit-elle. Pour sa part, Soukaina dit faire «extrêmement attention à l’hygiène. Je porte un masque et des gants jetables à chaque fois que je sors dans la rue. Je désinfecte tout ce que j’achète et je ne vois plus personne en direct à moins que ce soit extrêmement urgent».