Ben Ali n’aurait pas «approuvé» la mise à l’écart de Driss Basri

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L’ancien ambassadeur de Tunisie au Maroc, Saleh El Bekkari, en poste de 1997 à 2009, a publié ses mémoires où il a consacré 300 pages à sa mission dans le Royaume, un pays qu’il connaît sur le bout des doigts.

C’est le quotidien Akhbar Al Yaoum, dans sa livraison du mercredi 25 décembre, qui a dévoilé les faits saillants de l’ouvrage. Ainsi, l’homme qui a vécu dans les coulisses de la transition entre le règne du roi Hassan II et celui du roi Mohammed VI, a été le témoin privilégié de cette période charnière de l’histoire contemporaine du Maroc.

L’ancien diplomate a été un témoin privilégié des relations entre les deux chefs d’Etat, crédit: AFP.

Et parmi les premiers souvenirs de Bekkari du règne du nouveau roi fût la décision de mettre à l’écart l’ancien ministère de l’Intérieur, Driss Basri, bras droit de Hassan II. L’ambassadeur dévoile que Ben Ali avait trouvé cette initiative «trop coercitive», et devait être d’abord être précédée d’une «nomination à la tête d’un ministère de moindre importance en attendant sa retraite», rapporte le quotidien. Néanmoins, Bekkari précise que la lecture de l’ancien président tunisien est «plus imprégnée par l’impératif sécuritaire que par une quelconque vision politique et stratégique».

Echec de l’alternance ?

La transition de règne étant également concomitante avec l’alternance, avec le passage de la Koutla démocratique de l’opposition à la majorité gouvernementale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancien ambassadeur a un regard extrêmement critique quant à cette expérience politique, puisque le «roi avait beaucoup de mal à cacher sa gêne quant à l’inaction gouvernementale en matière économique».

Pour le diplomate, il s’agit là de la raison pour laquelle le chef de l’Etat a pris à son compte plusieurs dossiers économiques. Dans ses mémoires, El Bekkari affirme que le premier ministre de l’époque, un des hommes forts de l’alternance, Abderahmane El Youssoufi, se serait exprimé à lui en ces termes: «On a passé 40 ans à l’opposition, où notre rôle était de critiquer l’action gouvernementale, et une fois au commande, nous avons fait preuve d’impuissance et de laxisme».