Amnesty exhorte le Maroc à libérer l’historien Maati Monjib

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Amnesty International a appelé mercredi le Maroc à libérer l’historien et défenseur des droits humains Maati Monjib, en détention préventive depuis un mois pour « blanchiment de capitaux ».  

« Les autorités marocaines doivent libérer immédiatement et sans conditions le défenseur des droits humains Maati Monjib et abandonner toutes les charges retenues contre lui », écrit l’ONG dans un communiqué.

Cet intellectuel de 60 ans a été placé en détention fin décembre pour des soupçons de « blanchiment d’argent ».

Selon l’historien, les faits qui lui sont reprochés ne sont « pas nouveaux » et correspondent à l’acte d’accusation d’un procès, ouvert en 2015, pour « malversations financières » et « atteinte à la sécurité de l’Etat ». Les audiences de ce procès ont été sans cesse ajournées depuis son ouverture.

 

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Les soupçons de malversations concernent la gestion d’un centre monté par M. Monjib pour promouvoir le journalisme d’investigation. Free Press Unlimited (FPI) et deux autres ONG ayant contribuer à financer cette association ne se sont jamais plaintes de l’utilisation des subventions, selon l’avocat de M. Monjib.

Dans un communiqué diffusé mi-janvier, FPI a souligné que le militant « devrait être acquitté de toutes les charges ».

Plusieurs déclarations, dont une pétition signée par plusieurs militants, universitaires et intellectuels marocains et étrangers, ont aussi appelé à la libération de l’historien qui n’a pas encore été entendu sur le fond par le juge d’instruction chargé de l’enquête.

Dans un récent communiqué, la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH) a « catégoriquement » rejeté les « mensonges » sur l’état de la liberté d’expression véhiculés par Human Right Watch. Les autorités marocaines insistent régulièrement sur le « respect des procédures judiciaires » et « l’indépendance de la justice » du royaume.

Amnesty International appelle par ailleurs Rabat à ouvrir « une enquête solide » sur « la surveillance numérique illégale dont M. Monjib a fait l’objet pendant des années ».

L’ONG avait publié, en 2019, un rapport faisant état de l’utilisation par les autorités d’un puissant logiciel d’espionnage permettant de pirater les téléphones de ses opposants – ce que Rabat a toujours démenti.