R&D: l’objectif est d’atteindre 3% du PIB en dépenses d’ici 2030

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Le Maroc se doit de fixer un objectif de 3% du produit intérieur brut (PIB) en dépense annuelle de Recherche et Développement (R&D) publique et privée à un horizon de 10 ans et de 1,5% en 5 ans, selon le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Pour atteindre cet objectif, « il est nécessaire d’augmenter progressivement le budget public dédié à la R&D à travers le financement direct des centres de recherche publics et les appels à projets portés par les agences de moyens (CNRST, IRESEN, etc) afin de stimuler le développement de projets dans des thématiques technologiques ou dans le cadre de contrats-programmes avec des secteurs industriels », a expliqué le Conseil dans son rapport intitulé « Le nouveau modèle de développement du Maroc: Contribution du CESE ».

Il a aussi souligné l’importance de développer la R&D privée en particulier dans le cadre de partenariats Universités-Entreprises via la mise en place d’un crédit-impôt recherche « R&D et innovation » en vue de libérer des marges de manœuvre d’investissement dans l’innovation et d’un financement par subvention des projets d’innovation portés par les petites et moyennes entreprises (PME). Cette évolution nécessite également de rendre effective l’autonomie budgétaire des laboratoires universitaires et leur liberté d’investir, de prendre des participations dans les start-up et de dépenser sans contrôle a priori dans la limite de leurs budgets et des moyens mobilisés de l’extérieur, ainsi que de permettre aux chercheurs des universités de bénéficier dans le cadre des projets de recherche de rémunérations complémentaires pour augmenter l’attractivité des carrières de recherche.

Un cadre légal désuet

Par ailleurs, le CESE a relevé qu’il ne sera pas possible de développer des innovations technologiques si le cadre légal et réglementaire en vigueur, pensé avec les technologies d’hier, constitue une entrave.

« Cette situation, déjà constatée par exemple pour l’usage des drones, la mobilité partagée, le paiement mobile, la signature électronique, crée des distorsions, finit par retarder l’adoption des technologies et de surcroît, empêche des acteurs marocains de se positionner », a-t-il fait observer, ajoutant qu’une action proactive est nécessaire pour lever d’emblée les entraves et, si nécessaire, mettre en place un accompagnement pour la transition, en anticipant les effets négatifs éventuels.

Fruit d’un large processus de concertation et établi selon une démarche participative, avec 58 acteurs et parties auditionnés et plus de 5.800 citoyens sondés, ce rapport constitue la contribution du CESE au chantier de réflexion autour du nouveau modèle de développement. Il a été réalisé selon une approche réaliste et ambitieuse, tenant compte des changements rapides et forts de la société marocaine et des mutations économiques, sociales, technologiques et environnementales à l’œuvre à l’échelle internationale