Le poulet marocain refusé par l’Europe, qu’en est-il vraiment ?

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Le poulet marocain ne serait pas le bienvenu en Europe, selon plusieurs médias. Cette décision interviendrait suite à deux audits menés en mars et septembre 2017 par une commission d’inspection de l’UE et L’ONSSA.

Le parc avicole marocain présenterait des menaces pour la sécurité alimentaire des consommateurs européens, notamment pour ce qui concerne la détection de la grippe aviaire et de la maladie de Newcastle, une forme de peste touchant la volaille et dont les symptômes sont similaires à l’influenza aviaire.

Selon l’Economiste du 9 octobre, la commission d’inspection de l’Union européenne (UE) a demandé aux services de l’Office National de Sécurité Sanitaire et des Produits Alimentaires (ONSSA) de remédier aux lacunes relevées au niveau du parc avicole marocain.

Au-delà des difficultés à détecter les maladies touchant la volaille, d’autres anomalies ont été relevées, notamment pour ce qui concerne les conditions d’hygiènes au sein des abattoirs et de la chaine de distribution. De plus, aucune traçabilité sur l’origine de la volaille n’est disponible encore auprès des éleveurs.

Par ailleurs, selon le quotidien économique, la découverte en 2016 d’un nombre important de cadavres de volailles, dont la provenance semble provenir d’élevages en batterie destinés à l’export, aurait poussé les inspecteurs de l’UE à pointer du doigt l’inefficacité des contrôles de l’ONSSA. De plus, l’ONSA ne dispose que d’un seul laboratoire à Casablanca capable de déceler les maladies avicoles.

Un communiqué de l’ONSSA contradictoire

À ce sujet, l’ONSSA avait publié un communiqué, le 30 septembre, dans lequel l’Office indique que le second audit mené en septembre 2017, s’est déroulé dans de «bonnes conditions». L’Office indique que ce contrôle a été mené par les inspecteurs de la commission de l’UE auprès des élevages et abattoirs avicoles du royaume pour déterminer si le parc avicole national répond aux standards d’exportation fixés par l’UE.

L’ONSSA a d’ailleurs fait savoir qu’un nouvel audit est programmé en décembre prochain afin de relever les actions menées par l’Office concernant les lacunes relevées dans les précédents audits.

La FISA monte au créneau et dément

Contacté par H24info, le directeur de la Fédération Interprofessionnelle des Secteurs Avicoles (FISA), Choukri El Jirari, nous a déclaré que les informations relayées par l’Economiste sont infondées, dans la mesure où le refus de l’UE concerne essentiellement la viande de volaille transformée et traitée thermiquement, à savoir la mortadelle et la charcuterie, et non pas la volaille vivante ou la viande de volaille fraiche.

Toutefois, El Jirari reconnaît certaines anomalies et que des stratégies vont être déployées progressivement afin de faire face aux lacunes que le secteur avicole connait.

Par ailleurs, le directeur de la FISA nous révèle qu’un démenti sera publié incessamment pour mettre fin “aux informations erronées qui ont été diffusées”.