Banque de projets industriels: une deuxième vague d’investissements attendue

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La Banque de projets industriels, initiative axée sur toute une politique de substitution aux importations, se veut un moyen efficace pour renforcer le tissu industriel et promouvoir l’emploi et l’investissement. Les projets ne manquent pas et la tendance est à l’optimisme, ce qui rassure les professionnels qui y voient les prémices d’une relance tant attendue.

Dans ce cadre, 17 conventions d’investissement de 857 millions de dirhams ont été signées pour réaliser des unités industrielles de productions agroalimentaires, notamment dans le secteur de la pêche, l’industrie laitière, la confiserie-biscuiterie-chocolaterie et dans la transformation d’agrumes, de fruits et légumes. Ces projets devront générer 99 nouveaux postes et un chiffre d’affaires additionnel de plus de 92 millions de dirhams.

Ces conventions visent à stimuler l’entrepreneuriat industriel national et promouvoir la production locale qui est appelée à se substituer aux importations. Cette nouvelle stratégie cible des secteurs clés et porte sur la substitution de 34 milliards de dirhams d’importations. Au cours du mois de décembre, le coup d’envoi du 2e lot de la banque de projets industriels a été donné, avec une centaine de nouvelles opportunités.

« La mise en place de cette banque de projets par le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Économie verte et numérique est une très bonne nouvelle pour l’ensemble des opérateurs économiques, puisqu’elle permet de présenter une centaine d’opportunités d’investissement dans neuf filières que l’on souhaite encourager dans le but d’accélérer la substitution aux importations, avec un impact important sur la balance commerciale (34 milliards de dirhams d’importations à remplacer par la production nationale) », a révélé dans un entretien accordé à la MAP, le Directeur général du Centre Régional d’Investissement (CRI) de Fès-Meknès, Yassine Tazi.

Cette banque de projets, a-t-il fait savoir, s’inscrit dans un plan de renforcement et redynamisation du tissu industriel national, relevant que Fès-Meknès est un pôle régional émergent, au sein duquel l’industrie occupe une place de plus en plus importante, avec une contribution de près de 18% au PIB régional. Et de souligner que cette banque de projets permet de mettre en lumière les opportunités d’investissement de la région qui dispose de 13 quartiers et zones industrielles opérationnels sur plus de 1.000 hectares, d’un port sec sur une superficie de 5,5 hectares, d’infrastructures de bases développées permettant de la relier aux grands ports nationaux, de zones logistiques en cours de développement sur une superficie de 365 hectares et d’un capital humain formé et qualifié.

« Nous voyons donc la banque de projets comme un outil important pour communiquer autour des opportunités dans la région, et drainer de nouveaux investissements, tout en accompagnant les porteurs de projets à travers des mesures de soutien sur les volets de démarches administratives, formation, financement et subvention », a fait observer M. Tazi.

Ceci vient en appui aux efforts déployés par le CRI de Fès-Meknès dans le cadre de l’accompagnement des investisseurs, à travers leur mise à disposition des informations à caractère public utiles à l’investissement, comme les potentialités de la région, les secteurs d’activité clés, les régimes incitatifs mis en place, les offres de financement, les guides et modes opératoires, etc., a-t-il noté.

 

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Abordant les opportunités d’investissement identifiées par le ministère de l’Industrie dans le cadre du Plan de relance industrielle, M. Tazi a indiqué que la moitié concerne potentiellement la région Fès-Meknès. « Ces 50 projets se répartissent essentiellement entre la filière de l’agroalimentaire (21), le textile (13), le cuir (5), et à des proportions moindres le transport (3), la plasturgie (2), la chimie et parachimie (2) », a précisé le responsable, indiquant que ces projets représentent un investissement de près de 5,2 milliards de dirhams pour un chiffre d’affaires potentiel de près de 13 milliards de dirhams.

De son côté, le directeur général du CRI de Casablanca-Settat, Salmane Belayachi, a souligné que sa région, qui représente le premier pôle industriel du Royaume, récolte les premiers fruits de la réforme des CRI. Un total de 117 projets ont reçu un avis favorable de la commission régionale unifiée de l’investissement, ce qui va permettre d’attirer plus que 37 milliards de dirhams d’investissement avec une projection de création de plus de 22.000 emplois directs, a-t-il souligné. Et de préciser que la ventilation faite par le ministère de l’Industrie concerne plusieurs secteurs entre autres l’agroalimentaire, chimie-parachimie, le textile, électrique-électronique totalisant presque la moitié des projets d’investissements potentiels identifiés dans le cadre de la banque de projets.

Dans l’objectif d’accompagner les investisseurs intéressés par cette initiative et les faire bénéficier de tout l’arsenal d’accompagnement mis en place par les pouvoirs publics, il est nécessaire de miser sur l’efficacité, la synchronisation entre les différents intervenants et la clarté en termes de communication et de prise de décisions vis-à-vis des investisseurs, a insisté Belayachi.

« Nous ne pouvons que nous réjouir de voir une deuxième vague de projets arrivés à quelques semaines du lancement de la première vague », a-t-il ajouté, notant que cela témoigne du potentiel de cette initiative stratégique et de la possibilité d’atteindre l’objectif de substitution de 34 milliards de dirhams des importations annuelles de produits finis (183 milliards de dirhams), plus tôt que prévu.

Et de conclure : « Je pense que tous les ingrédients et toutes les conditions sont réunis pour que cela soit une opération de ‘plug and play’ pour les investisseurs, et on espère que les premiers projets qui vont émerger entraînent un effet de contagion ».