Dakar: attaque d’un minibus, les premiers éléments de l’enquête « suggèrent un attentat terroriste »

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Dakar: attaque d'un minibus, les premiers éléments de l’enquête "suggèrent un attentat terroriste"
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Les premiers éléments de l’enquête sur l’attaque au cocktail Molotov d’un minibus de transport en commun, mardi, à Yarakh, un quartier de la commune de Hann-Bel-Air, dans la banlieue de Dakar, « suggèrent un attentat terroriste », indique mercredi le Parquet de Dakar.

« Les premiers éléments de l’enquête suggèrent un attentat terroriste », souligne le procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar dans un communiqué.

« Le bilan provisoire fait état de deux (02) morts de sexe féminin calcinés et cinq (05) blessés par brûlures dont deux (02) dans un état grave », précise le parquet.

Il assure que « les investigations menées par les éléments de la Section de Recherches de la Gendarmerie nationale se poursuivent » et que « toutes personnes impliquées dans ces faits d’une extrême gravité seront traquées et traduites devant la justice pour des faits de terrorisme qui sont sévèrement réprimés par les articles 279-1 et suivants du Code pénal ».

Selon le procureur, ‘’les renseignements et témoignages recueillis sur les lieux attestent de la présence de sept (07) individus encagoulés, armés et munis de cocktail Molotov qui auraient pris d’assaut le bus, dépouillé certains passagers avant d’y mettre le feu alors que ces derniers étaient toujours à l’intérieur’’.

Lundi soir, le ministre de l’intérieur Antoine Diome a indiqué dans un communiqué que deux décès ont été enregistrés dans la ville de Ziguinchor, située dans le sud du Sénégal, lors des manifestations survenues lundi suite à l’emprisonnement du leader de Pastef, l’opposant Ousmane Sonko.

Lire aussi: Vidéos. Sénégal: l’opposant Ousmane Sonko inculpé et écroué, son parti dissous

« Le Ministre de l’Intérieur appelle les populations au calme et à la sérénité et les informe que toutes les dispositions sont prises pour préserver la paix et la tranquillité dans le pays « , soulignait le communiqué.

De violentes manifestations ont éclaté lundi à Ziguinchor, ville dont Ousmane Sonko est le maire. Cela fait suite au placement sous mandat de dépôt du leader de l’ex-parti Pastef les Patriotes

Ousmane Sonko a été inculpé et écroué lundi pour divers crimes, dont l’appel à l’insurrection ayant provoqué des tueries justifiant la dissolution de son parti Pastef par le gouvernement.

Les autorités ont suspendu TikTok

Les autorités sénégalaises ont suspendu mercredi l’application TikTok jusqu’à « nouvel ordre » en raison de la diffusion de messages « haineux et subversifs » après des protestations contre l’incarcération de l’opposant Ousmane Sonko lundi.

Elles avaient déjà coupé lundi l’accès à l’internet sur les téléphones mobiles pour les mêmes raisons.

« Il a été constaté que l’application TikTok est le réseau social privilégié par des personnes mal intentionnées pour diffuser des messages haineux et subversifs menaçant la stabilité du pays », a déclaré dans un communiqué le ministre de la Communication et de l’Économie numérique, Moussa Bocar Thiam.

suspension de tiktok

Le placement en détention de M. Sonko, lundi, pour différents chefs d’inculpation dont appel à l’insurrection ont provoqué des mouvements de protestation. Elles ont fait trois morts dans le sud du pays et dans la banlieue de Dakar.

Lire aussi: Neuf décès dans des violences suite à la condamnation de l’opposant sénégalais Ousmane Sonko

Deux autres personnes ont été tuées mardi à Dakar dans une attaque à l’engin incendiaire contre le bus dans lequel elles se trouvaient, sans qu’un lien entre l’attaque du bus et la protestation contre l’incarcération de M. Sonko soit clairement établi.

Amnesty international a dénoncé lundi les restrictions sur internet, qu’elles considèrent comme « une atteinte à la liberté d’information » et appelé les autorités à « rétablir l’internet ».

Avec cette troisième procédure qui s’ajoute à deux autres condamnations, M. Sonko, candidat déclaré à la présidentielle 2024, risque, selon des juristes, cinq à 20 ans de prison.

L’homme politique arrivé troisième à la présidentielle de 2019, a été condamné le 1er juin dans une autre affaire à deux ans de prison ferme. Sa condamnation a engendré les troubles les plus graves depuis des années au Sénégal, qui ont fait seize morts selon les autorités, une trentaine selon l’opposition.

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