"Razzia" de Nabil Ayouch censuré en Egypte

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Le fantôme de la censure continue de hanter le réalisateur Nabil Ayouch. Son dernier film, Razzia, a été interdit de projection en Egypte, nous confie une source proche du réalisateur.
Les motifs de cette censure restent vagues. Le film a néanmoins été projeté en privé en Egypte, où l’équipe de Nabil Ayouch se trouve depuis une semaine. Selon le site middleeasteye.net, les autorités égyptiennes auraient interdit le film car il risque «d’encourager à la révolution, surtout que le film raconte une mobilisation citoyenne des pauvres marginalisés en quête de justice au Maroc» et que «les événements de ce film et ces manifestations citoyennes rappellent les événements du 25 janvier 2011 qui ont abouti à la révolution égyptienne».
Mais cette nouvelle censure dont fait l’objet le réalisateur marocain ne serait pas que politique. Des relents antisémites seraient également derrière cette décision. «Le film de Nabil Ayouch raconte le quotidien d’un restaurateur juif. Son histoire pourra susciter la sympathie et la compassion des spectateurs», indiquent les responsables du contrôle des œuvres artistiques en Égypte.

Dans une déclaration à l’AFP, Nabil Ayouch s’exprime à propos des censures qui le poursuivent: «Mon film est une ode aux liberté individuelles et à la résistance citoyenne. Toute ressemblance avec d’autres événements est un fruit du hasard. Les personnages de mon film sont des personnes que j’ai rencontrées et que j’ai voulu mettre à l’honneur en racontant leur quête de liberté».
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Pour rappel, «Razzia» traite des libertés individuelles: les droits des femmes, la lutte des classes, les mobilisations citoyennes et, enfin, le quotidien des juifs marocains. Il rassemble cinq histoires distinctes, certaines se déroulant au début des années 80 dans les montagnes de l’Atlas, et d’autres dans le Casablanca d’aujourd’hui tout en mettant en avant l’intolérance, le refus d’accepter les autres,et l’ignorance dont souffre les minorités.