Vidéo. Un champion de judo israélien privé d’hymne et de drapeau

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Le judoka israélien médaillé d’or, Tal Flicker, a vu les symboles de son pays être censurés par les organisateurs de la Fédération Internationale de Judo (IJF) du tournoi de judo du Grand Chelem d’Abu Dhabi.

Tal Flicker a remporté, jeudi 26 octobre, la médaille d’or dans la catégorie des moins de 66 kg à l’Abu Dhabi Grand Slam. Flicker, sa compatriote Gili Cohen, aussi médaillée, ainsi que le reste de la délégation ont dû concourir avec des kimonos dépourvus du sigle «ISR», 3 lettres qui désignent bien évidemment Israël dans les différentes compétitions sportives. Ce sigle a été remplacé par celui de la fédération internationale. Par ailleurs, quand Tal Flicker est monté sur la plus haute marche du podium pour célébrer sa victoire, l’hymne national israélien «Hatikvah» a, lui aussi, été remplacé par celui de la fédération internationale de judo. De même, c’est le drapeau de la même fédération, et non celui d’Israël, qui a été hissé. L’athlète israélien a alors entonné lui-même l’hymne de son pays, pour affirmer son désaccord.

Pas de relations entre Israël et les Émirats

«J’ai décidé de chanter Hatikva sur le podium parce qu’Israël est mon pays. Je suis fier d’être Israélien et l’hymne des championnats du monde qu’on a joué n’était qu’un bruit de fond», a alors réagi l’athlète israélien dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Selon la presse israélienne, l’organisation tente de se justifier en prétextant la sécurité des sportifs israéliens contre d’éventuelles manifestations hostiles. Ces incidents s’inscrivent dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. L’État hébreu n’étant pas reconnu par les Émirats Arabes Unis, les deux nations n’entretiennent aucune relation diplomatique.

Marius Vizer, président de la Fédération internationale, n’a pas pris officiellement position sur le sujet. Malgré tout, cette décision viole le règlement intérieur de la Fédération internationale, auquel ont adhéré toutes les fédérations nationales. Plusieurs précédents avaient déjà fait polémique. Lors des Jeux olympiques de Rio en 2016, un judoka égyptien avait refusé de serrer la main de son adversaire israélien. Quelques jours plus tard, des athlètes libanais avaient interdit l’accès de leur bus à leurs homologues israéliens.