Opération des polices américaine et européenne contre le « dark web » et ses trafiquants d’opiacés

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Une opération ciblant le « dark web », une partie cachée d’internet, a permis l’arrestation de 179 vendeurs présumés de drogues opiacées et autres marchandises illicites en Europe et aux Etats-Unis, ont annoncé mardi le ministère américain de la Justice et l’agence européenne de police Europol.

Au total, 119 personnes ont été arrêtées aux Etats-Unis, deux au Canada, 42 en Allemagne, huit aux Pays-Bas, quatre au Royaume-Uni, trois en Autriche et une en Suède, ont indiqué le ministère américain et Europol dans un communiqué commun.

Selon eux, les suspects se livraient à des dizaines de milliers de ventes de produits illicites sur le « dark web », qui fourmille d’activités illégales.

L’opération, à laquelle ont participé diverses agences gouvernementales américaines, dont le FBI, a conduit à la saisie de plus de 6,5 millions de dollars (5,5 millions d’euros) en espèces et en monnaies numériques.

La police a notamment saisi quelque 500 kilos d’opiacés, notamment du fentanyl, de l’oxycodone et de l’héroïne, ainsi qu’une soixantaine d’armes à feu.

 

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« Pour un nombre croissant de jeunes drogués, les opiacés ne sont plus achetés à des trafiquants locaux, mais à des revendeurs en ligne », a indiqué Jeffrey Rosen, vice-ministre américain de la Justice, lors d’un point presse.

« Ces marchés du +dark net+ gagnent en popularité à une vitesse inquiétante, et permettent aux trafiquants de drogue de faire ouvertement de la publicité et de prendre des commandes du monde entier », a-t-il ajouté.

Les overdoses aux opiacés, et notamment au fentanyl, considéré comme 50 fois plus puissant que l’héroïne, sont l’une des principales causes de mortalité aux Etats-Unis. En 2018, elles représentaient quelque 70% des plus de 67.000 morts d’overdoses aux Etats-Unis.

Si de nombreuses mesures ont été prises ces dernières années pour enrayer la dépendance à ces substances qui étaient au départ des anti-douleur à usage médical uniquement, le Canada et une trentaine d’Etats américains ont signalé une augmentation des overdoses aux opiacés avec la pandémie de coronavirus.

L’annonce de ces arrestations « envoie un message fort » aux criminels actifs sur le « dark web », estime Edvardas Šileris, chef du Centre européen de cybercriminalité d’Europol.

« L’internet caché n’est plus caché et votre activité anonyme n’est pas anonyme. Les forces de l’ordre sont déterminées à traquer les criminels, peu importe où ils opèrent – que ce soit dans la rue ou derrière un écran d’ordinateur », a déclaré M. Šileris, cité dans le communiqué.