Libye: réouverture du dernier champ pétrolier bloqué (compagnie d’Etat)

138
DR.

La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a annoncé lundi la levée de l’état de force majeure sur le dernier champ pétrolier bloqué, déclarant ainsi toutes les installations pétrolières opérationnelles trois jours après l’annonce d’un cessez-le-feu dans ce pays rongé par les conflits.

« La fermeture de tous les champs et ports pétroliers libyens a pris fin ce lundi », s’est félicité la NOC dans un communiqué publié sur Facebook.

La « force majeure », invoquée dans des circonstances exceptionnelles, permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison.

« Des instructions ont été données à l’opérateur, Mellitah Oil Company, pour redémarrer la production sur le champ d’al-Feel », qui était le seul encore bloqué, afin de ramener progressivement la production de brut à ses niveaux normaux dans les prochains jours, a précisé la NOC.

Bloqué depuis dix mois, le champ al-Feel est situé dans le bassin de Morzouq à 750 kilomètres au sud-ouest de Tripoli et géré par la coentreprise Mellitah Oil & Gas (MOG), entre la NOC et le géant italien ENI. Quelque 70.000 barils y sont produits habituellement par jour.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est minée par des violences et, depuis 2015, déchirée par un conflit entre le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, et le camp du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen qui règne aussi sur une partie du Sud et contrôle les zones des principales installations pétrolières.

 

Lire aussi : Libye: au moins 15 migrants morts dans un naufrage

 

Quelques heures après l’annonce vendredi par l’ONU à Genève d’un accord de cessez-le-feu « avec effet immédiat » entre les deux camps rivaux, la NOC a annoncé la réouverture de deux ports majeurs, Ras Lanouf et al-Sedra, après avoir reçu la « confirmation que les forces étrangères avaient quitté » leur secteur.

Jusqu’en janvier, la production pétrolière libyenne atteignait 1,25 million de barils par jour.

Elle avait drastiquement chuté lorsque le maréchal Haftar avait bloqué des sites et terminaux pétroliers, dénonçant une répartition inéquitable des recettes entre l’Ouest et l’Est.

En septembre, le maréchal Haftar, qui a tenté sans succès pendant 14 mois de conquérir Tripoli, avait accepté de lever le blocus mais la NOC, qui a déploré près de 10 milliards de dollars (8,5 milliards d’euros) de pertes, avait exigé le départ des groupes armés étrangers placés sur les sites par Haftar.

Lundi, plusieurs dizaines de personnalités libyennes ont débuté des discussions par visioconférence sous l’égide de l’ONU pour préparer le Forum du dialogue politique libyen début novembre en Tunisie.