Le journaliste algérien Sofiane Merakchi libéré après huit mois de détention

Un journaliste algérien, Sofiane Merakchi, condamné à huit mois de prison pour « recel de matériel » en lien avec des manifestations antirégime, a été libéré mardi matin après avoir purgé l’intégralité de sa peine, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Une vingtaine de personnes dont des journalistes et des militants du « Hirak », le mouvement de protestation populaire dont l’Algérie a été le théâtre durant plus d’une année, étaient présents devant la prison d’El Harrach, dans la banlieue sud d’Alger, pour la sortie de M. Merakchi.

Portant un masque sur son visage, le journaliste n’a fait aucune déclaration et s’est engouffré dans la voiture de son père qui a quitté les lieux en trombe, selon un vidéaste de l’AFP sur place.

Il doit être jugé en appel le 4 juin.

Journaliste et correspondant de la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen, Sofiane Merakchi est accusé de « recel de matériel » et de « fourniture des images des manifestations du vendredi 20 septembre (2019) à la chaîne Al Jazeera et d’autres médias étrangers », lors des marches hebdomadaires du « Hirak », aujourd’hui suspendues en raison de la pandémie de Covid-19.

 

 

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Interpellé le 26 septembre, Sofiane Merakchi a été le premier journaliste algérien arrêté dans le cadre du « Hirak », selon l’ONG britannique de défense de la liberté d’information Article 19. Mais son arrestation n’avait pas été médiatisée immédiatement.

Depuis, d’autres journalistes ont été arrêtés, condamnés et incarcérés. Certains ont été libérés.

Le plus connu est Khaled Drareni, directeur du site d’information en ligne Casbah Tribune et correspondant de la chaîne internationale francophone TV5 Monde en Algérie, en détention préventive depuis fin mars pour « incitation à attroupement non armé et atteinte à l’intégrité du territoire national ».

Il doit comparaître mercredi devant la chambre d’accusation de la Cour d’appel d’Alger.

Malgré la crise sanitaire qui a contraint la contestation à interrompre ses manifestations depuis mi-mars, le régime algérien continue de cibler opposants, journalistes, médias indépendants et internautes.

Lors de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, plusieurs ONG et partis ont exhorté les autorités algériennes à mettre fin aux poursuites judiciaires et à libérer les journalistes emprisonnés.

L’Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par Reporters Sans Frontières (RSF).