Après avoir envisagé la mort de Boris Johnson, le Royaume-Uni prépare son déconfinement

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, dont les médecins avaient envisagé de devoir annoncer la mort pour cause de nouveau coronavirus, s’apprête à présenter dans la semaine son plan de déconfinement pour le Royaume-Uni, qui paie un lourd tribut à la maladie avec plus de 28.400 morts.

Un total de 315 morts supplémentaires ont été recensés dimanche, portant le total à 28.446 morts à l’hôpital, dans les maisons de retraite ou à domicile, a annoncé le ministre d’Etat Michael Gove lors d’une conférence de presse.

Le Royaume-Uni, qui a passé le pic de l’épidémie selon les autorités, est le deuxième pays le plus touché en Europe derrière l’Italie, qu’il talonne de très près.

Cette évolution marque un repli par rapport à la veille (+621) mais les chiffres officiels sont très volatils et marquent souvent une baisse pendant le week-end, due aux retards dans les enregistrements, suivie d’une recrudescence.

Le nombre de contaminations officiellement comptabilisées atteint 186.599 cas (+4.339), a précisé M. Gove.

Dans un entretien au tabloïd The Sun on Sunday, le premier où il raconte en détail son expérience de la maladie du Covid-19, Boris Johnson, 55 ans, s’est dit « mû par le désir » de remettre le pays « sur pied », lui-même guéri après être passé par les soins intensifs, « un moment très dur ».

 

 

La santé de Boris Johnson « s’améliore » mais la pandémie s’aggrave au Royaume-Uni

 

« Je ne me trouvais pas dans un état particulièrement brillant et je savais qu’il y avait des plans d’urgence en place. Les médecins avaient toutes sortes de préparatifs pour ce qu’il fallait faire si les choses prenaient une mauvaise tournure », a-t-il expliqué.

Boris Johnson a souligné avoir été tout d’abord dans le « déni » concernant la gravité de son état et n’avoir pris conscience de la gravité de la situation que lorsque les médecins envisageaient de le placer sous respirateur artificiel.

Qualifiant avec émotion sa guérison de « chose extraordinaire », le dirigeant a repris le travail lundi, deux semaines après sa sortie d’hôpital et deux jours avant que sa fiancée n’accouche de leur fils, dont un des prénoms rend hommage à deux médecins ayant pris soin du dirigeant.

Pressé depuis de fournir une stratégie de sortie du confinement, il compte annoncer dans les prochains jours une « feuille de route » sur l’allègement des restrictions en vigueur depuis le 23 mars et prolongées jusqu’au 7 mai, avec de lourdes conséquences économiques et sociales.

La population n’est actuellement autorisée à sortir que pour faire des courses, se faire soigner ou faire de l’exercice une fois par jour. Les autorités craignent qu’un assouplissement prématuré du confinement n’entraîne une deuxième vague de contaminations, malgré le recul du nombre d’hospitalisations.

 

 

Boris Jonhson est sorti de l’hôpital, presque 10.000 morts au Royaume-Uni

 

« Cela ne sera assurément pas comme avant », a prévenu dimanche le ministre des Transports Grant Shapps sur la télévision Sky News.

Outre des horaires de travail décalés pour éviter des transports en commun bondés, ou la promotion des trajets à vélo, une des pistes étudiées est le placement en quarantaine des voyageurs en provenance de l’étranger.

« J’examine activement cette question en ce moment afin que lorsque les taux d’infection seront sous contrôle dans ce pays, nous n’importions pas » la maladie, a indiqué le ministre sur la BBC.

Selon un sondage Opinium réalisé pour le journal The Observer dimanche, 67% des Britanniques estiment pour l’heure prématuré de rouvrir les écoles, restaurants et stades.

En vue d’un futur déconfinement, le gouvernement a prévu d’engager 18.000 personnes d’ici à la mi-mai pour accompagner sa stratégie de tester et tracer les personnes contaminées, parallèlement à une application de traçage des contacts développée par les services de santé britanniques.

« Cela sera un énorme effort national et il faut que 50%-60% des gens l’utilisent pour qu’elle marche », a détaillé M. Shapps. Elle sera déployée courant mai après de premiers essais sur l’île de Wight, dans la Manche.

M. Shapps a par ailleurs admis que si le gouvernement avait dopé sa capacité de dépistage à plus de 100.000 tests quotidiens plus tôt, « beaucoup de choses auraient été différentes » notamment concernant le nombre de morts.