L’Espagne demande au Maroc de rapatrier 403 mineurs non accompagnés de Sebta et Melilla

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Le gouvernement espagnol a lancé un appel aux autorités marocaines pour rapatrier des mineurs marocains non accompagnés à Sebta et Melilla. Mutisme côté marocain, alors que les appels se multiplient pour un déblocage du dossier du côté des enclaves occupées.

Durant l’année 2019 et jusqu’au mois de mars 2020, un total de 403 demandes de rapatriements ont été envoyées au Maroc par les autorités de Sebta et Melilla. Ces chiffres ont été présentés par la députée du parti d’extrême droit Vox pour Ceuta, Teresa López, qui a demandé à l’exécutif central de débloquer la situation.

La réponse du gouvernement de Pedro Sanchez ce lundi 28 septembre vient conforter ces chiffres, précisant qu’en 2019, 296 demandes de rapatriements ont été adressées aux autorités consulaires et 107 autres ont été enregistrées durant le premier trimestre de 2020.

 

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«Selon les rapports des bureaux de l’immigration de Ceuta et Melilla, les autorités consulaires marocaines n’ont pas répondu à ces demandes», souligne le gouvernement de Madrid. Plusieurs partis, avec à leur tête Vox, ont ainsi demandé l’application de la convention signée entre les deux pays qui permet le «retour concerté» des mineurs étrangers non accompagnés au Maroc.

Pour rappel, les gouvernements espagnol et marocain ont lancé un processus de rapatriement des mineurs marocains non accompagnés en avril 2019. Une mesure qui implique la réactivation d’un accord entre Rabat et Madrid datant de 2012 et que l’Exécutif de Pedro Sánchez tente de relancer depuis la recrudescence des entrées irrégulières sur le territoire espagnol.

Le gouvernement Pedro Sánchez avait alors affirmé que les mineurs ne seraient pas rapatriés au Maroc contre leur gré et que chaque cas serait analysé individuellement. En effet, la loi stipule qu’en cas de rapatriement, les membres de la famille ou les services de protection de l’enfance doivent être localisés pour en être tenus responsables. Le mineur a également le droit d’être entendu dans toute procédure judiciaire dans laquelle il est directement impliqué et qui aboutit à une décision affectant sa sphère personnelle, familiale ou sociale.