Pour le CNDH, les procès du Hirak ont « respecté les standarts internationaux »

La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a présenté, dimanche à Rabat, le rapport du Conseil sur les « manifestations d’Al-Hoceima », qui avait été approuvé par l’Assemblée générale du Conseil dans sa deuxième session, avec recommandation de publication.

Attendu depuis plusieurs mois, le rapport du CNDH sur les évènements d’Al Hoceïma, a été mis à disposition du public aujourd’hui. Faisant la chronologie des manifestations qui ont suivi la mort de Mouhcine Fikri, l’instance s’est montrée critique à plusieurs égards quant au manque d’interaction du gouvernement et des autorités avec les revendications sociales.

Une situation qui aurait «provoqué un enlisement et une radicalisation» des manifestants, qui ont basculé, dans plusieurs cas, dans la violence. Une violence également condamnée par le CNDH qui accuse, à titre d’exemple, Nasser Zefzafi d’atteinte «à la liberté de culte», lors de son intrusion, le 26 mai 2017, dans une mosquée afin d’interrompre le discours de la prière du vendredi.

Concernant les condamnations, le CNDH affirme que les «standarts internationaux des procès équitables» ont été respectés. Les audiences étaient publiques, les accusés ont été notifiés des poursuites qui les engageaient, et leur défense étaient assurées (droit au contradictoire).  Néanmoins, le Conseil affirme que les «accusations de torture doivent faire l’objet d’une enquête approfondie».

Le rapport aborde pour la première fois plusieurs questions, notamment celles qui concernent l’analyse des rumeurs et fausses informations, mais également les discours de haine et de violence qui ont surgi en marge de ces manifestations.

Bouayach affirme avoir pris l’initiative d’accueil et d’interaction adoptée par le Conseil avec les familles et proches des détenus a permis de mieux saisir les formes et le déroulement des manifestations et des arrestations d’une part, et une meilleure compréhension des méthodes et des voies des protestations et arrestations qui en ont suivi d’autre part, ainsi que le soutien continu des familles des détenus selon la spécificité de chaque cas.