Pesticides: les poivrons marocains retirés du marché tchèque

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Les autorités tchèques ont retiré de leur marché les poivrons d’origine marocaine importés d’Espagne en raison de la présence excessive de certains pesticides, dépassant de cinq à six fois leur limite maximale de résidus (LMR). 

Il s’agit des pesticides clofentézine et méthomyl, informe le site spécialisé espagnol Hortoinfo, dans un article publié vendredi dernier. Pour le premier, la LMR est dépassé de 5,5 fois et pour le second, de 6 fois.

La clofentézine était présente dans les poivrons marocains à raison de 0,11 milligramme par kilo, lorsque sa LMR est fixée à 0,02 milligramme par kilo, selon la base de données sur les pesticides de la Commission européenne (CE), explique le média. Quant à la présence de méthomyl dans les poivrons marocains, elle était de 0,24 milligramme par kilo, la LMR pour ce pesticide étant de 0,04 milligramme par kilo.

La présence de ces pesticides dans les poivrons importés du Maroc a été classée par le  système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) comme un événement grave.

 

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En effet, le méthomyl peut provoquer des vertiges, une salivation excessive, des maux de tête, un essoufflement, une constriction des pupilles, des nausées, des vomissements, une faiblesse, des convulsions, des crampes musculaires et une perte de conscience. La clofentézine agit sur les œufs et les larves néonatales. L’effet de son activité résiduelle dure de 10 à 12 semaines.

D’ailleurs, le méthomyl figure parmi les 10 substances actives composant les pesticides, herbicides et fongicides, dont l’ONSSA a lancé le réexamen en février dernier. De son côté, la Chambre des représentants s’apprête à discuter un projet de loi relatif au contrôle des pesticides nocifs et adopté en Conseil du gouvernement début 2020.

Le texte vise principalement à enrayer la vente illégale des pesticides agricoles et des produits composés essentiellement de matières très nocives. Son but est également d’encourager l’utilisation de produits à faible risque et de promouvoir le remplacement des produits chimiques par des méthodes alternatives, tout en organisant et contrôlant la commercialisation des dits produits.

Ce n’est pas la première fois que le Maroc est épinglé à l’international quant à son utilisation des pesticides. L’Allemagne a également écarté en janvier dernier des poivrons du royaume à cause de leur trop grande quantité en résidus de pesticides. En 2015, une grande quantité de menthe marocaine avait aussi été bannie (ou détruite) du territoire européen, et en 2016, les Etats-Unis avaient interdit l’entrée d’agrumes marocains pour les mêmes motifs.