Maroc: inquiétudes autour de l’extradition d’un Australo-Saoudien réclamé par Riyad

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Les proches du théologien, Osama al-Hasani, militent afin qu’il ne soit pas extradé en Arabie Saoudite, où il pourrait subir le même sort que Jamal Khashoggi.

Arrivé le 8 février au Maroc, le théologien et économiste australo-Saoudien, Osama al-Hasani, a été arrêté à la demande de Riyad, qui réclamait son «extradition immédiate». Son procès devrait démarrer ce mercredi 3 mars, indique Le Point.

Osama al-Hasani a été arrêté quelques heures après son arrivée à Tanger, où il partait rejoindre sa femme et leur nouveau-né. Les accusations qui pèsent sur le théologien n’ont pas été divulguées, mais ces allégations sont passibles de deux ans d’emprisonnement, affirme The Guardian sur la base d’une lettre confidentielle.

Selon plusieurs médias, Al-Hasani serait accusé d’avoir organisé des activités d’opposition au wahhabisme. Il est aussi décrit par le collectif Prisoners of Conscience (groupe de défense des droits humains spécialisé dans les intérêts des personnes détenues en Arabie saoudite) comme une « figure éminente, un commerçant, un érudit du Coran et un ancien professeur à l’Université du roi Abdelaziz, à Djeddah », indique le magazine français.

Jointe par le média britannique, l’épouse marocaine du théologien dit ne détenir «aucune autre information que celle exposée par les autorités marocaines et qui est qu’un mandat d’arrêt international contre un citoyen saoudien a été émis et qu’ils pensent être mon mari».

 

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« J’ai peur que mon mari subisse le même sort que Jamal Khashoggi (…) j’ai peur que mon mari soit remis aux autorités saoudiennes, j’ai peur de perdre le père de notre nouveau-né», a-t-elle déclaré au média SBS.

Par ailleurs, l’épouse affirme que «les autorités marocaines refusent d’accepter l’identité de (son) mari comme étant australienne, même s’il est entré dans le pays avec un passeport australien».

Dans ce sens, la jeune femme a exhorté «les autorités australiennes à l’aider à confirmer son identité auprès des autorités marocaines», poursuit The Guardian.

Le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce a commenté l’affaire, mais s’est contenté d’affirmer qu’il «fournissait une assistance consulaire à un Australien détenu au Maroc», sans pouvoir faire d’autres commentaires «en raison de (nos) obligations en matière de protection de la vie privée».

D’ailleurs, plusieurs appels ont été lancés aux autorités marocaines et au roi Mohammed VI afin que le théologien, âgé de 42 ans ne soit pas remis aux autorités saoudiennes.