Audio. «Où est la justice?», la transgenre Manal revient sur son calvaire enduré lors de la soirée du réveillon 2019

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Le dernier épisode du podcast «Afroqueer» donne la parole à Manal, une femme transgenre. Un témoignage poignant d’une Marocaine qui a été contrainte à l’exil.  

En 2019, la vie de Manal a basculé. Son identité transgenre est révélée lorsqu’elle subit un accident de voiture. «Lorsque la police est arrivée sur les lieux, elle a procédé à l’arrestation de Manal, l’a harcelée en raison de son genre revendiqué, puis révélé son identité en divulguant sur Internet des photos d’elle et une copie de sa carte d’identité», écrit Human Rights Watch.

La divulgation des photos de Manal avait d’ailleurs conduit à l’ouverture d’une enquête ordonnée par le directeur général de la sûreté nationale, Abdellatif Hammouchi. Par la suite, le directeur général de la Sûreté nationale a appliqué des sanctions disciplinaires allant de la suspension provisoire de travail au blâme ou encore l’avertissement à l’encontre de quatre responsables de la préfecture de police de Marrakech.

Manal a toutefois choisi de prendre la route de l’exil. Depuis Paris (France), où elle a obtenu l’asile, Manal dénonce dans ce podcast la «vulnérabilité que connaissent de nombreuses personnes trans au Maroc, contraintes à l’autocensure pour survivre quotidiennement».

Manal qui se demande «où est la justice ? », revient également sur «la chasse aux sorcières» menée en avril sur les réseaux sociaux et ciblant la communauté LGBT+ marocaine. Manal relie sa propre expérience à cette récente campagne d’outing», écrit HRW.

Cette campagne a été lancée par un compte Instagram géré par une personne de nationalité marocaine basée en Turquie, selon les militants qui suivent le dossier. Une centaine de noms, accompagnés de photographies et parfois d’adresses ou de numéros de téléphone, ont été diffusés la semaine dernière sur les réseaux sociaux après avoir été récupérés sur différentes applications de rencontres comme Grindr ou Planet Romeo, selon les informations réunies par l’AFP auprès de plusieurs militants.

 

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En réaction à la polémique, la police marocaine a ouvert une enquête préliminaire pour «incitation à la haine et à la discrimination». A noter que L’article 489 du code pénal du Maroc criminalise l’homosexualité, qui est répréhensible de 6 mois à 3 ans d’emprisonnement et d’une amende de 200 à 1.000 DH. Une loi que beaucoup d’associations jugent obsolète.