Hausse des droits d'inscription pour les étudiants non-communautaires: le débat fait rage en France

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La mesure annoncée en début de semaine par le gouvernement a eu l’effet d’une bombe en France et ailleurs. L’Hexagone décide d’augmenter les droits d’inscription dans ses universités et écoles supérieures pour les étudiants étrangers non-communautaires.
Depuis, le débat fait rage en France entre ceux qui dénoncent une fermeture des portes de la France aux étudiants étrangers et d’autres qui applaudissent une mesure révolutionnaire qui met fin à la gratuité payée par le contribuable français.
Premier contingent concerné par cette mesure, les étudiants originaires de pays francophones du Maghreb et d’Afrique, à leurs têtes les Marocains suivis des Algériens, des Tunisiens, des Sénégalais et des Ivoiriens.
Début de semaine donc, le Premier ministre français Edouard Philippe dévoile le plan de son gouvernement lors des Rencontres universitaires de la Francophonie. Un plan qui prend de court aussi bien les milieux universitaires que ceux estudiantins.
 
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Le plan compte paradoxalement parmi ses mesures une augmentation vertigineuse des droits d’inscription qui seront désormais fixés à 2.770 euros en licence, contre 170 euros actuellement et 3.770 euros en master et doctorat, contre 243 euros en master et 380 euros en doctorat jusqu’à présent.
Cette «hausse mesurée», selon le gouvernement, concernerait uniquement les étudiants extracommunautaires (hors Union européenne), soit environ 100.000 personnes.
Du côté de Matignon, l’on a tenu à assurer que les droits exigés ne représentent que le tiers voire moins du coût réel de la formation dispensée.
Dévoilé par Edouard Philippe, le plan est accueilli avec un certain scepticisme et suscite le même jour des réactions de la presse et dans la presse.
 
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Selon Le Monde, ‘’les propositions annoncées par le premier ministre semblent surtout avoir vocation à faire le ménage dans le groupe de ceux qui viennent traditionnellement et qu’on accueille davantage en sciences humaines que dans les disciplines scientifiques à haut potentiel’’. ‘’Difficile de parier qu’il en sera de même, demain, avec l’augmentation des frais d’inscription qui se prépare’’, déplore le journal.
La nouvelle mesure a été dénoncée aussi par l’Union nationale des étudiants de France (Unef), première organisation étudiante, qui a affirmé qu’elle constituerait «un renforcement de la précarité sociale et une fermeture des portes de l’enseignement supérieur français».
Une accusation balayée de la main par Béatrice Khaiat, Directrice générale de Campus France, l’établissement public chargé de valoriser le système d’enseignement français.
Un budget de 14.000 euros par an, pour qui décident d’étudier à l’étranger.
 
«Quels que soient les pays d’origine, les étudiants font partie de l’élite. Ceux qui décident d’étudier à l’étranger constituent l’élite de l’élite. Sur le sol français, chacun dépense en moyenne 14.000 euros par an. Et la quasi-totalité ont l’habitude de payer pour étudier», a-t-elle affirmé dans des déclarations rapportées par les médias français.
‘’Partout ailleurs dans le monde, des frais supplémentaires sont demandés aux étudiants étrangers’’, a poursuivi Béatrice Khaiat, ajoutant que «la quasi-gratuité à la française n’est le plus souvent pas un critère lorsqu’ils choisissent notre pays.»
L’aspect pécuniaire de la formation dispensée aux étudiants étrangers en France a été aussi évoqué par Edouard Philippe qui a affirmé, dans un tweet, largement repris et commenté dans les réseaux sociaux, qu’ ‘’un étudiant étranger fortuné qui vient en France paye le même montant qu’un étudiant français peu fortuné dont les parents résident, travaillent et payent des impôts en France depuis des années. C’est absurde et injuste’’.