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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Des milliers de personnes étaient de nouveau rassemblées ce mercredi à Jerada, dans le nord-est du royaume, pour exiger «travail et développement», quelques jours après la mort de deux frères dans une mine de charbon clandestine.

    Aux cris de «alternative économique», ou «non à la marginalisation», les manifestants, jeunes pour la plupart, ont investi la principale place de la ville minière pour exprimer leur colère après la mort, survenue le 22 décembre, de deux frères.

    Houcine et Jedouane, âgés de 23 et 30 ans, ont péri dans un accident alors qu’ils tentaient d’extraire, sans aucune protection, du charbon dans une mine désaffectée, suscitant l’indignation chez les habitants de la ville. «Nous demandons à l’État de trouver des solutions à nos problèmes, au chômage des jeunes, aux factures d’eau et d’électricité trop élevées», a lancé Abdessamih, un manifestant de 23 ans. Rajoutant que «les jeunes descendent dans les puits de charbon au péril de leur vie, car ils n’ont pas d’autre choix. Nous demandons aux autorités de nous trouver une alternative».

    Les habitants n’ont pas d’autres alternatives

    Depuis la fermeture de la mine qui faisait vivre Jerada, «la ville n’a pas d’autres ressources, il n’y a pas d’emplois, pas d’usines. Les gens vivent dans la précarité», selon un responsable local de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH).

    Les manifestants, qui brandissaient pour beaucoup des drapeaux, ont pointé du doigt des «notables» de la région qui détiennent des permis d’exploitation de charbon et qui «font la loi».

    Hassan, un étudiant de 25 ans, accuse comme beaucoup d’autres manifestants ces «notables», dont des élus locaux, d’acheter du charbon extrait par les travailleurs clandestins à des «prix dérisoires», pour le revendre après à des prix beaucoup plus élevés.

    Le ministre de l’Énergie et des Mines, Aziz Rebbah, a annoncé que son ministère n’hésiterait pas à «retirer n’importe quel permis de recherche ou d’exploitation en cas du non-respect de la règlementation ou d’abus», à «Jerada ou ailleurs». Il a affirmé avoir déjà «retiré plus de 1.400 permis en 2017 à l’échelle du royaume».

    Malgré la fermeture, à la fin des années 1990, d’une importante mine qui employait quelque 9.000 personnes, des centaines de mineurs continuent de risquer leur vie pour extraire clandestinement du charbon.

    Cette activité a laissé des séquelles chez les mineurs, dont une majorité souffre de silicose, maladie pulmonaire provoquée par l’inhalation de fines poussières de charbon.

    Située près de la frontière avec l’Algérie, Jerada est aujourd’hui l’une des villes les plus pauvres du pays, selon des statistiques officielles.

    Avec AFP

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