Cigarette électronique: soupçons sur un lien possible entre vapotage et convulsions

Suite à 35 signalements, l’agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) a annoncé mercredi le lancement d’une enquête. Pour le moment, l’hypothèse d’un lien reste très fragile.

Le vapotage pourrait-il provoquer des convulsions? C’est la question que se pose désormais l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) après avoir reçu des signalements de personnes ayant convulsé après avoir utilisé une cigarette électronique. Au total, 35 cas lui ont été rapportés entre 2010 et le début de l’année 2019. Mercredi, elle a annoncé qu’elle s’apprêtait à investiguer sur ce lien éventuel.

«Des rapports indiquent que certaines personnes utilisant des cigarettes électroniques, en particulier des jeunes et de jeunes adultes, sont ultérieurement prises de convulsions», indique l’Agence dans un communiqué. Même si le nombre de signalements semble dérisoire au regard du nombre total de vapoteurs aux États-Unis, l’Agence estime que cela «justifie une enquête scientifique afin de déterminer s’il existe vraiment un lien (entre vapotage et convulsions)».

D’autres substances impliquées

Parmi les cas rapportés, certains impliquent des personnes qui avaient déjà été victimes de convulsions par le passé. Certains cas concernaient des primo utilisateurs. Par ailleurs, un certain nombre est survenu chez des personnes qui, outre l’usage d’une cigarette électronique, consommaient également du cannabis ou des amphétamines. Selon l’Agence, «certains des incidents signalés peuvent ne pas être directement liés à l’utilisation de cigarettes électroniques» mais par un problème médical sous-jacent ou l’utilisation d’autres substances.

«De nombreux facteurs peuvent conduire à des crises convulsives, indique la FDA dans son communiqué. Par exemple, les concentrations de nicotine dans les e-liquides varient, et certaines caractéristiques de conception de la cigarette électronique peuvent permettre à un utilisateur d’obtenir rapidement des niveaux élevés de nicotine. Les comportements d’utilisation de la cigarette électronique varient également et les utilisateurs peuvent inhaler délibérément ou par inadvertance plus de nicotine que ce qui se produirait normalement». L’agence précise toutefois qu’il est documenté que la nicotine n’est pas une substance nocive, «notamment pour le développement cérébral des jeunes».

Moins nocive que le tabac

L’usage de cigarettes électroniques a explosé parmi les jeunes Américains au cours de la dernière décennie, dépassant même celui de la cigarette. Au total, le nombre de vapoteurs est passé de 1,5 à plus de 20% chez les lycéens de 2011 à 2018, tandis que le tabac «combustible», sous toutes ses formes, tombait de 22 à 14%. Les cigarettes électroniques contiennent de la nicotine et d’autres produits, mais pas les substances des cigarettes traditionnelles reconnues comme cancérigènes.

Actuellement, il existe un consensus scientifique visant à dire que l’usage exclusif de la cigarette électronique est moins nocif que le tabagisme, c’est pourquoi elle peut être utilisée dans le cadre d’un sevrage tabagique. Toutefois, précise la FDA, «la cigarette électronique n’est pas sans risque». Des études chez l’animal sont en cours afin d’estimer les potentiels impacts négatifs sur les voies respiratoires.

«Nous voulons préciser que nous ne savons pas encore s’il existe une relation directe entre l’utilisation de la cigarette électronique et le risque de convulser. Nous ne pouvons pas encore affirmer avec certitude que les cigarettes électroniques sont à l’origine de ces crises», insiste l’Agence américaine qui encourage le public à rapporter tous les effets indésirables liés à la cigarette électronique dont il pourrait faire l’objet.