Agriculture verte: les producteurs marocains dans le rouge

Image d'illustration. Crédit: DR.

Le marché du bio prend une ampleur sans précédent dans les modes de consommation alimentaire à échelle mondiale, et le Maroc n’est pas en reste. De plus en plus, les produits marocains issus de l’agriculture biologique font irruption dans les supermarchés, et se destinent à l’exportation. 

En 2018, le Maroc comptait 9.600 hectares de terres arables dédiées au bio contre 4.000 en 2010, soit une croissance plus que doublée dans le secteur, rapporte L’Économiste dans son édition du jour. L’objectif du ministère de l’agriculture est d’atteindre 40.000 hectares à l’horizon 2020.

La production globale s’élève à 94.000 tonnes à l’échelle nationale, dont environ 17% (16.000 tonnes) destinées à l’export, principalement la France, l’Allemagne, la Suisse et la Hollande, mais également la Turquie, l’Espagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Toutefois, pour maintenir cette exportation, le Maroc va devoir s’adapter aux normes européennes.

 

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D’ici 2021, le marché européen n’autorisera plus l’importation sur son territoire d’agrumes, légumes ou produits transformés issus de graines conventionnelles. Or, les agriculteurs marocains utilisent en majorité des semences hybrides ou conventionnelles, rappelle le quotidien. Seuls quelques fermiers usent de semences locales. Pour éviter que le marché marocain soit pris dans un étau, il faudra développer un marché local de semences biologiques.

Le groupe Sementes Vivas, basé au Portugal et en Espagne, a officialisé une joint-venture avec le marocain Agricold (Agricold Frigo Ouled Hriz) dans le but de produire des semences biologiques locales. « Sauf que recréer des semences biologiques prend du temps. Environ 10 ans par variété », explique Stefan Doeblin, CEO de Sementes Vivas.

Le projet qui va s’établir progressivement débutera dès juillet prochain et mettra en place des synergies entre plusieurs pays méditerranéens mais également des centres de recherche et des chercheurs spécialisés, des fermiers certifiés et des universités.