Crise du coronavirus: la recette de Bank Al Maghrib

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Réuni aujourd’hui, le conseil de Bank Al Maghrib a mis en place une série de mesures afin de relancer l’économie suite à la crise du coronavirus. Entre autres, la baisse du taux directeur et la libération intégrale du compte de réserve au profit des banques.

Après avoir approuvé son rapport annuel de la situation économique et monétaire de 2019, le Conseil de Bank Al Maghrib s’est attaqué aux impératifs du moment, à savoir la crise du coronavirus et ses effets. Selon le communiqué publié par institution, les projections macroéconomiques de la établies dans ce contexte restent entourées d’un degré «exceptionnellement élevé d’incertitude et font clairement ressortir une forte contraction de l’économie nationale cette année suivie d’un certain rebond en 2021».

Tenant compte de ces évaluations, le Conseil a décidé, après la baisse de 25 points de base en mars dernier, de procéder à une deuxième réduction du taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 1,5%, et de libérer intégralement le compte de réserve au profit des banques. Dans le même sens, Bank Al-Maghrib a mis en place des dispositions spécifiques pour fournir un appui au refinancement des banques participatives et aux associations de microcrédit.

Ces nouvelles décisions, conjuguées aux différentes mesures d’assouplissement déjà mises en œuvre, notamment l’élargissement du collatéral éligible à ses opérations de refinancement, le renforcement de ses programmes non conventionnels, ainsi que l’allègement temporaire des règles prudentielles, devraient, selon le Conseil de la banque centrale  «contribuer, avec celles prises par le Comité de Veille Economique, à atténuer l’impact de la pandémie et à soutenir la relance de l’économie et de l’emploi».

 

 

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Et c’est un ton quasi-menaçant que BAM annonce le suivi de ces mesures : «Au regard de la conjoncture particulière qui prévaut actuellement, la Banque veillera, plus que par le passé, à la transmission de ses décisions à l’économie réelle et fera le point régulièrement à ce sujet avec le plus haut management du système bancaire».

En outre, le Conseil a noté qu’après s’être établie à 1,4% en moyenne au premier trimestre 2020, l’inflation, mesurée par la variation du nouvel indice des prix à la consommation base 100 en 2017 mis en place par le HCP en mai dernier, est revenue à 0,9% en avril en lien essentiellement avec le repli des prix des carburants et lubrifiants.

A moyen terme, et dans un contexte de faibles pressions inflationnistes émanant de la demande et des cours bas des matières premières, elle se maintiendrait, selon les prévisions de BAM, à un niveau modéré autour de 1% aussi bien en 2020 qu’en 2021. Sa composante sous-jacente, mesurant la tendance fondamentale des prix, devrait passer de 0,5% à 0,8% en 2020 et revenir à 0,7% en 2021.