Vidéo. Découvrez le premier musée dédié aux abeilles au Maroc

Le premier musée de l'abeille d'Afrique et du Moyen-Orient a ouvert ses portes le 15 janvier dernier, dans la zone artisanale d'El Oulja, à Salé. Crédits : DR

Ouvert en début d’année dans la zone artisanale El Oulja à Salé, le « musée de l’abeille vivante – la ruche des sciences » est le premier musée encyclopédique consacré aux apidés au Maroc, mais également en Afrique et dans la région MENA. 

« Mon métier n’est pas apiculteur, je suis un vulgarisateur scientifique, j’essaye de partager les connaissances sur l’abeille à tous ceux qui veulent visiter le musée », annonce d’emblée Driss Louaradi, fondateur de cet espace « à vocation éducative, pédagogique, destiné aux familles, aux jeunes et au moins jeunes ».

Si le projet a mis deux ans à se réaliser, ce passionné de la nature avoue réfléchir à sa conception depuis une vingtaine d’année. Docteur es sciences de la terre et muséographe, Louaradi a accumulé de nombreuses années d’expériences (notamment Cité des sciences à Paris, Forum des sciences à Lille, directeur au sein des Petits débrouillards pendant 7 ans) avant de se lancer dans cette aventure, construire le premier musée de l’abeille d’Afrique et du monde arabe.

 

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Sa fonction? Sensibiliser la population sur l’importance de l’abeille dans l’environnement, plus généralement sur le respect de la nature, les conséquences du mauvais traitement des déchets sur la planète et le recyclage. Pour y parvenir, le muséographe a souhaité « harmoniser le contenant avec le contenu ». Les panneaux explicatifs sur les abeilles (histoire, classification, langage, vertus du miel, etc.), les ruches, les outils et objets exposés, les livres évoluent dans une maison entièrement construite avec des matériaux recyclables (palettes, toiles de jute, etc.).

L’abeille, reine de la nature

« L’abeille est considérée comme un baromètre de l’état de la santé de l’environnement. Si vous voyez qu’elles désertent un environnement, c’est qu’il y a un problème », alerte Louaradi évoquant à cette occasion l’usage massif des insecticides qui a décimé des milliards d’abeilles. « Si l’abeille venait à disparaître, il ne resterait à l’humanité que 4 ans à vivre », poursuit-il, une citation communément attribuée à Eistein. En effet, 1/3 des productions végétales dépend directement de la pollinisation des abeilles, explique le géologue. Par extension, la disparition d’espèces végétales nuirait à l’alimentation des animaux, et donc des humains.

 

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Dans la zone du bassin méditerranéen, le Maroc se situe à la seconde place en termes de richesse de biodiversité, enregistrant des centaines de plantes endémiques comme le fameux arganier, poursuit Louaradi. « Paradoxalement, le royaume produit très peu de miel, seulement 4.000 tonnes, soit une production dix fois inférieure à celle de l’Ethiopie, pays presque désertique ».

Pour le muséographe, cette faible production est due à un besoin de vulgarisation et de transmission du savoir-faire, alors même que le Maroc abrite, au cœur de l’Atlas à Inzerki, le plus grand rucher traditionnel du monde datant de plusieurs siècles. En attendant, petits et grands peuvent relever le défi des jeux de piste du musée de l’abeille vivante, à la conquête de la connaissance de l’insecte tant convoité.