Vidéo. Le témoignage poignant d’un mineur marocain à la télévision espagnole

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Son témoignage a ému la toile. Face caméra et devant les milliers de téléspectateurs de la chaîne de télévision publique espagnole, La 2, le jeune Mohammed raconte son périple depuis son Maroc natal jusqu’en Espagne.

«Je suis un de ses enfants que vous appelez MENA (mineur étranger non accompagné)», déclare Mohamed, qui a quitté le Maroc à 14 ans à bord d’une embarcation de fortune.

«Ça a été difficile pour moi de laisser ma famille, mes parents, mes frères et mes amis pour trouver un meilleur avenir». J’ai été dans un centre d’accueil quelques semaines, avant d’être emmené à l’école, poursuit-il. «Quand je suis arrivé, je ne parlais pas la langue. Les jeunes comme moi m’insultaient et se moquaient de moi, même si je ne comprenais pas ce qu’ils disaient. Je me sentais très mal (…) les gens me regardaient comme si j’étais un insecte», confie-t-il.

S’adressant à des jeunes invités dans le studio, il leur lance: «Maintenant que je peux vous parler, je voudrais vous dire quelque chose. Durant toutes ces années je me suis senti rejeté, surtout par beaucoup de jeunes comme vous. Ainsi, avant de juger une personne pour sa couleur de peau, sa race ou l’argent qu’elle possède vous devriez vous mettre à sa place. Si vous aviez été à ma place, à 14 ans, auriez-vous pu quitter vos proches pour chercher un meilleur avenir ?».

 

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Le témoignage de Mohamed émeut alors les jeunes présents lors de l’émission. L’extrait diffusé le lundi 19 octobre devient lui aussi viral sur les réseaux sociaux. Un témoignage poignant qui intervient en pleine polémique sur les mineurs étrangers non accompagnés en Espagne. En effet, pas plus tard que ce samedi, un groupe de néonazi a manifesté scandant «MENAs hors de nos quartiers».

Un sujet d’ailleurs discuté par les gouvernements des deux pays depuis plusieurs années maintenant, ce qui a conduit notamment au lancement d’un processus de rapatriement des mineurs marocains non accompagnés en avril 2019. Une mesure qui implique la réactivation d’un accord entre Rabat et Madrid datant de 2012.

 

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Le gouvernement de Pedro Sánchez avait alors affirmé que les mineurs ne seraient pas rapatriés au Maroc contre leur gré et que chaque cas serait analysé individuellement. En effet, la loi stipule qu’en cas de rapatriement, les membres de la famille ou les services de protection de l’enfance doivent être localisés pour en être tenus responsables. Le mineur a également le droit d’être entendu dans toute procédure judiciaire dans laquelle il est directement impliqué et qui aboutit à une décision affectant sa sphère personnelle, familiale ou sociale.