Vidéo. Le modus operandi du cartel démantelé expliqué par Abdelhak Khiam

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Le directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), Abdelhak El Khiam, a tenu une conférence de presse, mercredi à Rabat, concernant la saisie au Maroc de 2,588 tonnes de cocaïne brute. A cette occasion, le patron du FBI marocain a expliqué le mode opératoire du réseau dont 15 membres ont été arrêtés lundi dernier.

 

 

Le mode opératoire de ce réseau est similaire à celui des cartels de drogues en Amérique du Sud en termes de structure, de stockage, de distribution et d’exportation de la drogue en Europe, a-t-il noté, précisant que les éléments de ce réseau ramenaient des cargaisons d’Amérique Latine par voie maritime, avant de les transporter vers des régions lointaines dans les provinces du sud, d’où elles sont transférées à d’autres régions au moyen de techniques précises et complexes difficiles à déceler.

Le BCIJ avait saisi lundi une quantité record de 2,588 tonnes de cocaïne brute, dont une partie dissimulée dans un véhicule immatriculé à l’étranger et une autre dans une ferme située sur la route côtière entre Témara et Skhirat.

La grande quantité de cette drogue dure a été découverte dans une ferme près de Oued Cherrat, dans la province de Bouznika, en plus d’une autre quantité saisie à Nador, selon la même source.

Ce réseau criminel, a ajouté Khiam, a des ramifications dans plusieurs villes marocaines, particulièrement à Nador, Casablanca, Meknès, Fès et Tanger, où les drogues sont distribuées, outre des ramifications transnationales. Les deux cerveaux de ce réseau entretiennent des liens avec des individus en Amérique du Sud, plus particulièrement au Venezuela, qui leur fournissent la drogue, en plus des relations dans des pays européens et arabes.

L’opération a permis également la saisie de huit voitures utilisées dans le transport et la distribution des drogues, des sommes d’argent de près de 391.520 euros et de 172.620 dirhams et de deux fusils de chasse et des cartouches, ainsi que des téléphones portables dont certains satellitaires.

Le directeur du BCIJ a indiqué que les recherches sont toujours en cours pour mettre la main sur d’autres personnes impliquées dans cette affaire, ajoutant que les investigations au sujet de ce réseau ont débuté il y a plusieurs années.

En dépit de certaines activités criminelles, a-t-il réaffirmé, il n’existe pas de crime organisé au Maroc et aucune liaison entre les réseaux de trafic de drogues et les réseaux terroristes n’a été établie jusqu’à présent.

Par ailleurs, selon Khiam, la valeur totale de la quantité de cocaïne saisie s’élève, après traitement, à 25,85 milliards de dirhams (environ 2,75 milliards de dollars).

Le directeur du BCIJ précise que le taux de concentration de la drogue saisie, une quantité record, s’élève à 93%, un niveau jamais enregistré auparavant, ce qui permettra après traitement et ajout de matières chimiques de multiplier la quantité par cinq ou six.