Mondial 2026: quand la candidature marocaine inquiète monsieur «USA 1994»

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Alan Rothenberg, ancien président de la Fédération des Etats-Unis de football. Crédit: DR

Alan Rothenberg, ancien président de la Fédération des Etats-Unis de football, vient de rejoindre le groupe des Américains qui redoutent la candidature marocaine pour l’organisation du Mondial 2026.
La confrontation opposant, d’une part, les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, et de l’autre le Maroc pour l’organisation de la Coupe du monde 2026 n’arrête d’animer les débats dans les pays concernés et même en dehors. La candidature nord-américaine était longtemps donnée grande favorite, mais ce n’est plus le cas depuis quelques mois. Et ce sont les Américains eux-mêmes qui le disent.
ESPN, New York Times, Chicago Tribune, USA Today… plusieurs médias du pays de l’Oncle Sam ont déjà énuméré les raisons pour lesquelles le Maroc pourrait remporter ce combat à la David contre Goliath. Une autre personnalité de marque vient de rejoindre ce groupe: Alan Rothenberg, ancien président de la Fédération des Etats-Unis de football (United States Soccer Federation).
«J’espère sincèrement que l’Amérique du Nord l’emportera. Mais la candidature marocaine m’inquiète», a confié au Bleacher Report celui que beaucoup considère comme la cheville ouvrière de la réussite du Mondial 1994 aux Etats-Unis. «Les troubles géopolitiques internationaux entrent en jeu», explique Rothenberg, ajoutant que «certaines choses faites et dites par l’administration actuelle suscitent des préoccupations dans certaines parties du monde, et tout le monde a un vote égal».
L’ex-patron du sport roi américain fait allusion aux politiques de l’administration Trump, ainsi que les nombreuses sorties controversées du locataire de la Maison-Blanche. Un point de vue partagé par un ancien haut responsable de la Fifa, qui a confié au Bleacher Report que le langage et les politiques du président américain a beaucoup contribué à l’aliénation de potentiels électeurs de la Fifa. «Trump a ouvert la porte au Maroc», a tranché cette dernière source.
En effet, les interdictions de voyager aux Etats-Unis, concernant les pays musulmans, sont mal passées en Asie, note le Bleacher Report, et les fédérations en Amérique centrale et en Afrique sont très peu susceptibles d’être séduites par la candidature nord-américaine après que Trump a traités certains d’entre eux de «pays de merde». La Confédération africaine de football (54 membres) et son équivalente asiatique (47) comptent déjà à elles deux près des moitiés des votes de la Fifa.
Par ailleurs, s’il estime que la Fifa «n’a jamais vu de dossier aussi complet que celui du trio USA/Mexique/Canada», Rothenberg trouve le Maroc «très intéressant», car «ils ont déjà posé leur candidature a plusieurs reprises dans le passé et personne ne peut douter de leur sincérité. Alors, il ne faudrait pas les prendre à la légère».