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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Dix jours après le coup d’envoi des Jeux olympiques de Tokyo, le Maroc n’a toujours pas remporté la moindre médaille. Ce fiasco était pourtant prévisible. Décryptage.

    Tokyo est depuis quelques jours l’épicentre du sport mondial. Toutes les nations, fortes de leurs délégations, se sont donné rendez-vous dans la capitale japonaise pour prendre part à la plus prestigieuse des compétitions sportives : les Jeux olympiques. Parmi ces nations figure le Maroc, pays de Hicham El Guerrouj, Nawal Moutaouakil et Saïd Aouita. Ces stars qui jadis ont fait la fierté de millions de Marocains. Hélas, ces temps-là semblent révolus.

    Depuis presque deux décennies et le doublé historique de Hicham El Guerrouj aux épreuves du 1.500 mètres et du 5.000 mètres, aucune médaille d’or n’a pu être remportée par un athlète marocain aux JO. Plus grave encore, dans ce laps de temps, seule une médaille de bronze a été remportée. C’était en 2016 à Rio. A Pékin en 2008, comme à Londres en 2012, aucun athlète n’a pu remporter la moindre médaille olympique. Beaucoup s’étonnent que la délégation marocain n’a pu encore décrocher aucune médaille aux JO de Tokyo.

    “Le Maroc est loin d’être un grand pays de sport »

    Beaucoup qualifient le zéro pointé de la délégation marocaine de « honte pour Maroc, un pays de sport par excellence ». Une « honte » peut-être,  mais le Maroc est-il vraiment un pays de sport par excellence? «Peut-être dans la parole, mais dans la pratique et les résultats, le Maroc est loin d’être un grand pays de sport», répond sèchement Moncef El Yazghi, spécialiste des politiques publiques et du droit du Sport. «Depuis la première participation du Maroc aux Jeux olympiques à Rome en 1960, le Maroc a remporté 23 médailles, dont six en or, cinq en argent et douze en bronze », relativise l’expert. A titre de comparaison, un pays comme l’Azerbaïdjan, qui n’est devenu indépendant que depuis la chute de l’URSS, a à son actif quarante-deux médailles.

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    La « grandeur » sportive d’une nation ne se mesure pas seulement à son palmarès, mais également par la taille de sa délégation qui participe aux JO. Pour cette édition japonaise, le Maroc s’est présenté avec 49 athlètes seulement, bien loin des Tunisiens avec leurs 63 athlètes. Sur les 49 athlètes marocains, deux disciplines s’accaparent pratiquement la moitié de la délégation (16 en athlétisme et 7 en boxe). Autre indicateur révélateur du piteux état dans lequel se trouve le sport national : sur 49 athlètes présents à Tokyo, deux seulement sont des femmes. Qu’il est loin le temps où le Maroc avait remporté sa première médaille d’or féminine en Afrique et dans le monde arabe, lorsque Nawal El Moutaouakil avait été sacrée à Los Angeles en 1984 !

    Qui est responsable?

    « Les gens parlent de chances de médailles. Mais pour avoir des chances de médailles, il faut d’abord qu’on ait des probabilités de remporter des médailles. Or, le Maroc n’en a pas », abonde Moncef El Yazghi, avant d’ajouter : «lorsque la France s’apprêtait à participer aux JO de Pékin en 2008, elle s’était donné comme objectif de remporter 43 médailles d’or. Elle en a finalement remporté 40. Tout ça pour vous dire que l’on ne devient pas médaillé olympique du jour au lendemain. Que les favoris sont connus d’avances. Et pour qu’on ait des favoris, il faut une politique sportive. Ce qu’il n’y a pas au Maroc ».

    Tout ceci nous pousse à nous poser LA question : qui est responsable de ce fiasco ? Le Comité olympique national (CNOM) ? Les fédérations sportives ? Les politiques ? Les athlètes ? « C’est principalement un problème de gouvernance, répond Moncef El Yazghi. Depuis Ouzzine en 2013, le Maroc a connu six ministres des Sports, c’est-à-dire autant de stratégies sportives. Ce qu’il faut au Maroc, c’est une politique sportive et non des stratégies ministérielles. Il faut que la politique sportive soit fixée par le chef du gouvernement avec des objectifs clairs à court, moyen et long terme ».

    « Beaucoup d’acteurs du sport au Maroc parlent de manque de moyens. Ce qui est faux. Depuis le discours du roi en 2008 sur le développement du sport au Maroc, des milliards de dirhams ont été injectés dans les fédérations sportives. Où sont passés ces milliards ? Qu’ont fait les présidents de fédérations de cet argent ? Sachant que des fédérations sportives sont inactives depuis des années et sont devenues des coquilles vides», s’interroge notre interlocuteur.

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