Stéphanie Frappart va devenir la première femme à arbitrer une rencontre majeure de l’UEFA

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L’arbitre de 35 ans a été choisie par l’UEFA pour arbitrer la Super Coupe d’Europe entre Liverpool et Chelsea, qui se jouera le 14 août prochain à Istanbul. C’est la première fois qu’une femme sera au sifflet pour une «rencontre majeure» de l’UEFA.

Petite révolution dans le football européen. Ce vendredi, l’UEFA a dévoilé la composition du corps arbitral pour la Super Coupe d’Europe, le rendez-vous de rentrée du football européen, qui verra s’affronter dans un peu moins de deux semaines le vainqueur de la Ligue des Champions, Liverpool, et celui de la Ligue Europa, Chelsea. Et c’est la Française Stéphanie Frappart qui a été choisie au sifflet, pour une première historique.

Frappart va en effet devenir la première femme à arbitrer ce qui est considéré comme une «rencontre majeure» du côté de l’UEFA. «J’ai dit à plusieurs reprises que le potentiel du football féminin ne connaissait aucune limite. Je suis donc ravi que Stéphanie Frappart ait été désignée pour arbitrer la Super Coupe d’Europe», a déclaré Aleksander Ceferin, le président de l’instance. «Cela fait déjà plusieurs années que Stéphanie Frappart prouve qu’elle est l’une des meilleures femmes arbitres non seulement sur la scène européenne mais aussi à l’échelle mondiale», abonde de son côté le responsable en chef de l’arbitrage de l’UEFA, Roberto Rosetti. «Elle est capable de diriger des rencontres de très haut niveau», poursuit-il.

Cette nomination représente une très belle progression pour celle qui avait été promue en Ligue 1 en avril dernier, où elle était devenue la première femme à arbitrer au plus haut niveau français à l’occasion du match entre Amiens et Strasbourg pour le compte de la 34ème journée du championnat. Début juin, le Comité exécutif de FFF l’a nommée arbitre de Ligue 1 pour l’intégralité de la saison 2019-2020. Avant ça, elle avait également été la première femme au sifflet d’un match professionnel en France, en Ligue 2, où elle a officié à partir de 2014 et pour quatre saisons. La même année, elle avait remporté le trophée UNFP de meilleur arbitre, devançant tous ses collègues masculins. Stéphanie Frappart s’est aussi imposée à l’international, officiant au tournoi féminin des JO 2016, à l’Euro féminin 2017, et à la Coupe du monde féminine 2019, dont elle a arbitré la finale entre les Etats-Unis et les Pays-Bas.

Une grande professionnelle avec un caractère bien trempé

Issue d’une famille ouvrière de quatre enfants dans le Val-d’Oise, Stéphanie Frappart s’est forgée un caractère bien trempé au fil des années en se frottant au football amateur. Le long des barrières des échelons inférieurs, les violences verbales sont fréquentes. Il y a vingt ans, quand elle s’est tournée vers l’arbitrage, le football s’ouvrait à peine aux femmes en France. «Il faut être passionnée pour exercer cette activité. Au bas niveau, on peut se faire insulter tous les week-ends avant de rentrer chez soi. J’ai des collègues pour qui c’est plus dur», confiait-t-elle à l’occasion de son passage en Ligue 1. Chez les professionnels, «à part deux ou trois situations difficiles», l’accueil a toujours été bon. En 2015, elle avait subi le courroux de l’ancien entraîneur de Valenciennes David Le Frapper, vociférant contre un penalty avec une remarque sexiste. «L’arbitre ne l’a pas vu, elle faisait du patinage peut-être», avait déclaré le technicien. Il avait ensuite présenté ses excuses.

Pour cette rencontre de Super Coupe d’Europe, Stéphanie Frappart sera à la tête d’une équipe arbitrale en majorité féminine, puisqu’elle sera entourée de sa compatriote Manuela Nicolosi, et de l’Irlandaise Michelle O’Neill. Son quatrième assistant sera le Turc Cuneyt Cakir. La native du Val d’Oise n’est cependant pas la première femme à diriger un match de compétition masculine de l’UEFA. La Suissesse Nicole Petignat avait en effet ouvert la voie, en arbitrant trois matchs de qualification pour la Coupe UEFA entre 2004 et 2009.