Détournement de fonds: la CAF botte en touche

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Suite aux révélations sur un audit réalisé par le cabinet PwC accusant des dirigeants de la CAF de malversations, le comité exécutif de l’instance footballistique africaine vient de réagir via un communiqué.

Un rapport de 55 pages réalisé par le cabinet d’expertise comptable PwC a jeté un véritable pavé dans la marre de la Confédération africaine de football (CAF). L’audit fait notamment état de plusieurs irrégularités, notamment en matière de gestion de plusieurs millions de dollars de fonds envoyés par la FIFA à l’organisation dirigée par Ahmad Ahmad.

Sur les 51 millions de dollars versés par la FIFA à la CAF entre 2015 et 2018, près de la moitié ont été décaissés par des responsables du football africain. En examinant 40 paiements totalisant 10 millions de dollars, les enquêteurs ont constaté que seulement cinq des paiements, totalisant 1,6 million de dollars, disposaient de documents suffisants pour confirmer la destination exacte de ces paiements. A qui ont donc bénéficié les autres millions décaissés par les responsables du foot africains ?

Si pour l’instant la FIFA n’a toujours pas réagi à ces informations, la CAF, via son comité exécutif, est sorti de sa réserve dimanche 9 février, qualifiant la fuite de ce rapport de « tentatives de dérailler le processus » de réformes structurelles engagées par la CAF, peut-on lire dans un communiqué publié sur le site de l’instance footballistique africaine.

 

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Le comité exécutif de la CAF va plus loin en menaçant de poursuites judiciaires « tous les auteurs d’allégations mensongères et non fondées qui circulent depuis quelques jours dans la presse et les réseaux sociaux ». Sur le fond, la CAF impute les « lacunes dans la gestion des affaires de la CAF » au « leg d’une gestion familiale de plus de trente ans », allusion faite aux décennies durant lesquelles l’ancien patron de la CAF, Issa Ayatou, tenait les rênes du football africain.

Le comité exécutif de la CAF rappelle par ailleurs que c’est ledit comité « qui a demandé à la FIFA de mettre en place un partenariat de 6 mois afin d’accélérer les réformes entamée ». « Plusieurs mesures structurantes avaient été prises avant et pendant le partenariat de 6 mois avec la FIFA. Ces mesures concernent à la fois la gouvernance et la gestion courante des affaires de la CAF. Nous allons donc continuer dans cette voie des reformes et ainsi hisser la CAF aux meilleurs standards internationaux », poursuit le comité exécutif, qui réclame du temps pour venir à bout des réformes : « La conduite du changement après plusieurs décennies de gestion artisanale ne peut se concrétiser en quelques semaines ».