Prisons: 1.069 mineurs détenus au Maroc, le plus jeune a 12 ans et 9 mois

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Le plus jeune prisonnier du Maroc est âgé de 12 ans et 9 mois
Photo d'illustration © Unsplash

Le plus jeune détenu marocain est âgé de 12 ans et 9 mois. Il est incarcéré en détention préventive pour vol et possession d’armes dans des circonstances mettant en danger la sécurité des personnes et des biens, a révélé hier lundi le délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR).

Cet enfant de moins de 13 ans a, à son passif, une dizaine de procédures, parmi lesquelles des faits de racket particulièrement violents et de nombreux vols de voitures, a précisé le délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), Mohamed Salah Tamek.

S’exprimant lors des Assises nationales sur la protection des enfants en contact avec la loi, qui se sont tenus à Fès ces 10 et 11 juin, le responsable a fourni une mise à jour sur la carte des mineurs en prison. Jusqu’au 5 juin courant, le nombre total de mineurs détenus dans les établissements pénitentiaires s’élevait à 1.069, dont 4% de filles.

Le comble de la détention préventive

Selon la même source, un quart de cette catégorie est en détention préventive au Centre de réforme et de réadaptation Ain Sebaa à Casablanca, et les autres sont répartis dans 42 établissements pénitentiaires à travers le Royaume.

Au moment où 722 d’entre ces mineurs ont été placés en prison pour la première fois, 185 y sont retournés pour la première fois, et 139 sont devenus officiellement des récidivistes avec deux détentions à leur passif ou plus. Le taux de détention préventive chez ces détenus (80%) reste très élevé par rapport au taux général de détention préventive qui est de 34%.

Petits délinquants, petites peines

Poursuivis la plupart du temps pour des crimes contre des biens, qui sont les principales raisons de l’incarcération de cette catégorie de délinquants avec un taux dépassant les 65% en mai 2024, ces jeunes hommes dont la moyenne d’âge était de 17 ans, sont condamnés la plupart du temps à de courtes peines.
Celles-ci ne dépassent pas pour plus de 80% d’entre elles les deux ans de prison ferme.

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En 2023, 3029 ordonnances d’arrestation ont été enregistrées, 64% d’entre elles ont quitté les établissements pénitentiaires au cours de la même année, soit par décision de libération, comme la remise à un tuteur légal (432 cas), soit par la levée de la détention avec placement en centre de protection de l’enfance (97 cas), soit par des acquittements (31 cas), soit après avoir purgé une peine de prison n’excédant pas un an, a précisé Salah Tamek.

Parents pauvres des réformes pénales

Commentant ces chiffres, le délégué général des prisons a affirmé que la protection effective des mineurs détenus dans les établissements pénitentiaires nécessite nécessairement une réforme des lois et des réglementations pour garantir les droits de cette catégorie et améliorer leurs conditions de détention.

De son point de vue, les réformes législatives peuvent réduire la surpopulation carcérale, améliorer les conditions de détention, la réhabilitation et la réadaptation au sein des établissements pénitentiaires, prévenir la violence et assurer la santé physique et mentale générale des détenus, en particulier des mineurs, et élargir l’accès aux divers programmes de réadaptation et les personnaliser pour doter les jeunes détenus des compétences nécessaires pour se réintégrer dans la société, réduisant ainsi les taux de récidive.

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«Il est essentiel d’adopter une politique pénale judicieuse qui tienne compte de la spécificité de cette catégorie en trouvant des solutions alternatives à l’incarcération et en rationalisant la détention préventive, d’autant plus que les détenus mineurs condamnés à des peines de courte durée représentent 80% de cette catégorie et que cette situation constitue évidemment un obstacle à la mise en œuvre des programmes de réhabilitation et de réadaptation», a-t-il souligné.

Appel à la «dépénalisation»

En outre, «la dépénalisation de certaines actions est également l’une des options qui peuvent permettre de rendre les établissements pénitentiaires des espaces de réhabilitation efficaces contribuant à réduire les taux de criminalité et à améliorer la sécurité sociale», a-t-il suggéré.

«La révision du système de surveillance par la probation est également une mesure pour éviter la détention chez les mineurs, qui devrait rester un recours ultime», a-t-il poursuivi.

D’autre part, Tamek a expliqué que le succès des établissements pénitentiaires dans l’exercice de leurs fonctions sécuritaires et de réadaptation à l’égard de cette catégorie vulnérable de détenus dépend largement des compétences des ressources humaines disponibles destinées à l’encadrement des mineurs.

«Plus ces ressources développent leurs compétences professionnelles, plus les institutions de rééducation peuvent atteindre les objectifs de réinsertion souhaités à travers leurs programmes de réhabilitation», a-t-il conclu.

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