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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Dilip Kumar, l’une des plus grandes stars de l’âge d’or du cinéma indien, est décédé mercredi à l’âge de 98 ans, une disparition qui a suscité une pluie d’hommages émus dans le monde culturel et politique indien.

    Avec Dev Anand et Raj Kapoor, Dilip Kumar fut un des trois monstres sacrés de l’âge d’or de Bollywood, au sortir de la partition entre l’Inde et le Pakistan en 1947 jusqu’aux années 1960.

    Surnommé « le roi de la tragédie » pour sa gravité naturelle, il a tourné en plus d’un demi-siècle dans près de soixante films, jouant les premiers rôles dans certaines des productions indiennes les plus emblématiques de la période.

    Mais il a probablement manqué l’opportunité d’une carrière internationale en refusant la proposition de David Lean d’incarner Chérif Ali dans « Lawrence d’Arabie », sorti en 1962. C’est finalement Omar Sharif qui accepta le rôle.

    Mohammed Yusuf Khan, son vrai nom, naquit le 11 décembre 1922 à Peshawar, une ville aujourd’hui située dans le nord du Pakistan qui faisait alors partie de l’Inde britannique.

    Son père, un marchand de fruits, emmena dans les années 1930 sa famille à Bombay.

    Le jeune homme se refusa à reprendre le commerce familial après avoir été repéré par l’actrice Devika Rani qui lui permit de tourner en 1944 dans son premier film, « Jwar Bhata ».

    Elle le persuada de changer de nom afin de se lancer dans le cinéma à l’insu de son père qui n’approuvait pas cette carrière.

     

    – « Le Héros » –

     

    L’une de ses performances les plus célèbres reste son rôle dans « Mughal-e-Azam », l’un des plus grands succès du cinéma indien sorti en 1960 qui narre l’histoire légendaire d’un amour impossible entre un prince moghol et son esclave.

    Dans les années 1970, au moment où une nouvelle génération d’acteurs, comme la mégastar de Bollywood Amitabh Bachchan, émergeait, il tourna moins, au point même de ne plus apparaître dans aucun film pendant cinq ans, avant son retour en 1981 avec « Kranti » (Révolution), un autre succès.

    Contrairement à d’autres acteurs de Bollywood qui ont joué dans des centaines de films, Dilip Kumar, bien que polyvalent dans ses rôles, choisissait avec soin ses projets, ce qui ne fit que renforcer son aura dans une industrie cinématographique très concurrentielle.

    A la fin des années 1990, il s’impliqua davantage en politique en acceptant d’œuvrer à la réconciliation entre l’Inde et le Pakistan. Deux ans plus tard, il fut élu parlementaire dans les rangs du Parti du Congrès, alors dans l’opposition.

    Encensé par la critique, il ne cessa de se dire stupéfait par sa réussite.

    « Honnêtement, j’ai toujours du mal à comprendre comment un jeune homme timide nommé Yusuf Khan est devenu l’acteur Dilip Kumar », déclara-t-il à The Hindustan Times dans une interview pour son 85e anniversaire.

    Son décès a été annoncé mercredi  » le cœur lourd d’une profonde tristesse » par un ami de la famille, Faisal Farooqui, qui utilisait le compte officiel de l’acteur, qui était souffrant depuis plusieurs années.

    Le Premier ministre Narendra Modi a rendu hommage à « une légende cinématographique ».

    « Il avait été doté d’un brio sans égal. Sa disparition est une perte pour notre monde culturel », a-t-il dit dans un tweet.

    « Aux yeux du monde, beaucoup d’autres peuvent être des héros », a déclaré Akshay Kumar, une autre superstar de Bollywood. « Pour nous les acteurs, il était Le Héros ».

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