Yémen: 19 soldats tués dans une attaque d’Al-Qaïda contre l’armée dans le sud

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Dix-neuf soldats de l’armée yéménite ont été tués vendredi dans une attaque du réseau jihadiste Al-Qaïda sur un camp militaire dans la province méridionale d’Abyane, ont indiqué des sources de sécurité, au lendemain d’attaques contre la police ayant fait 49 morts à Aden.

Des membres d’Al-Qaïda ont lancé une attaque contre le camp d’Al-Mahfad, dans le nord de la province yéménite, ont indiqué trois responsables au sein des forces gouvernementales, précisant que les assaillants étaient parvenus à entrer dans le camp et à y rester plusieurs heures, avant l’arrivée de renforts de l’armée.

« Profitant des attaques visant les forces (gouvernementales) à Aden, des hommes d’Al-Qaïda ont lancé une attaque sur le camp d’Al-Mahfad, où des affrontements les ont opposé aux soldats, avant de pouvoir entrer dans le camp », a expliqué à l’AFP un responsable des forces gouvernementales.

 

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« Des renforts militaires ont été dépêchés à Al-Mahfad, des assaillants ont été tués et d’autres ont été chassés avec l’appui de l’aviation des forces de la coalition (progouvernementale dirigée par l’Arabie saoudite) au cours d’une opération qui a duré des heures », a-t-il précisé.

L’attaque a causé la mort de 19 soldats et plusieurs autres ont été blessés, a-t-il ajouté. Deux autres responsables des forces gouvernementales ont confirmé le déroulé des évènements et le bilan.

Jeudi, au moins 49 personnes, dont de nombreux policiers, ont été tuées dans deux attaques, dont l’une a été attribuée à des jihadistes par les autorités.

La deuxième a été revendiquée par les rebelles Houthis, contre des forces formées par les Emirats arabes unis –pilier de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite) à Aden– dans le sud du Yémen en guerre.

 

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Ces dernières années, Aden, capitale « provisoire » du gouvernement yéménite après la prise de Sanaa par les rebelles Houthis, a été le théâtre d’une série d’attentats ayant tué des centaines de personnes, certains ayant été revendiqués par l’EI, d’autres par Al-Qaïda.

Mais jusqu’aux attaques de jeudi, cette grande ville du sud avait connu une période de calme relatif, le dernier attentat suicide remontant à juillet 2018.

Le sud du Yémen avait néanmoins été touché le 10 janvier par une attaque par drones menée par les Houthis contre l’armée loyaliste contre la base aérienne d’Al-Anad, dans la province de Lahj. Cette base, la plus importante du pays, avait servi avant la guerre à l’armée américaine pour traquer les jihadistes d’Al-Qaïda.

A la faveur du conflit qui oppose depuis 2014 les Houthis aux forces progouvernementales, Al-Qaïda et le groupe Etat islamique ont renforcé leur implantation dans le sud du Yémen et y ont revendiqué des dizaines d’attentats ces dernières années.

Plus de quatre ans après l’intervention de la coalition conduite par Ryad, les Houthis contrôlent toujours de vastes zones de l’ouest et du nord du pays, dont la capitale Sanaa.

Le sud du Yémen reste quant à lui principalement sous le contrôle des forces pro-gouvernementales.

Le conflit au Yémen a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux-tiers de la population, ont besoin d’assistance, selon l’ONU qui évoque régulièrement la pire crise humanitaire en cours dans le monde.