Washington accuse deux satellites russes d’en espionner un américain

Le général John Raymond, chef du commandement militaire américain de l'espace.DR

Les Etats-Unis ont dénoncé le « comportement inhabituel et inquiétant » de deux satellites russes qui suivent de près un satellite militaire américain, Moscou répliquant mardi en évoquant des « manoeuvres » banales pratiquées par de nombreux pays.

Selon le général John Raymond, chef du tout nouveau commandement militaire américain de l’espace, deux engins spatiaux russes lancés en novembre se sont récemment placés dans l’orbite d’un satellite espion américain, s’en rapprochant parfois à seulement 100 miles (160 km) de distance.

Ils agissent « de la même manière qu’une paire de satellites déployés en 2017 et qualifiés par le gouvernement russe de satellites inspecteurs », a-t-il ajouté, selon des déclarations lundi aux médias américains: « C’est un comportement inhabituel et inquiétant. Il a le potentiel pour créer une situation dangereuse dans l’espace ».

 

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« Les Etats-Unis considèrent que ces récentes activités sont préoccupantes et ne reflètent pas le comportement d’une nation spatiale responsable », a poursuivi le général américain, précisant que Washington a fait part de ces inquiétudes à Moscou par voie diplomatique.

Course pour dominer l’espace

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a confirmé mardi avoir reçu un message de Washington concernant ces satellites, ajoutant que « Moscou répondra après l’avoir étudié ».

« En ce qui concerne les manoeuvres de ces objets dans l’espace, ce sont des pratiques réalisées par de nombreux pays », a-t-il ajouté, cité par les agences de presse russes. Ni la diplomatie russe, ni le ministère de la Défense n’ont répondu aux demandes de commentaire de l’AFP.

Les engins spatiaux incriminés ont été lancés en novembre 2019 depuis le cosmodrome militaire russe de Plessetsk (nord). Ils consistent en fait en un satellite qui, une fois en orbite, en a libéré un second.

 

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Dans un communiqué cité par l’agence publique TASS, l’armée russe avait indiqué début décembre que « le but de l’expérience est de poursuivre les travaux sur l’évaluation de l’état technique des satellites nationaux ».

Les plus grandes puissances spatiales mondiales sont engagées depuis plusieurs années dans une course pour la domination de l’espace. En 2017, un satellite russe s’était déjà fait remarquer en se rapprochant du satellite militaire franco-italien Athena-Fidus, mais la Chine ou les Etats-Unis possèdent aussi de telles capacités.