« Virus chinois »: Pékin « indigné » par le tweet de Donald Trump

La Chine s’est dite mardi « fortement indignée » par un tweet la veille du président américain Donald Trump, dans lequel il évoquait un « virus chinois » en référence au nouveau coronavirus provoquant le Covid-19.

La diplomatie et les médias chinois sont vent debout depuis plusieurs semaines contre l’utilisation par Washington de cette expression, qu’ils jugent inutilement stigmatisante envers leur pays.

« Les États-Unis soutiendront vigoureusement les secteurs d’activités, comme les Compagnies aériennes et autres, qui sont particulièrement touchées par le virus chinois », a écrit lundi soir  Trump.

Des membres de son administration avaient déjà utilisé des expressions similaires, mais jamais jusqu’à présent le président américain.

« Nous sommes fortement indignés, et fermement opposés » à l’utilisation de cette expression, a indiqué lors d’une conférence de presse Geng Shuang, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

 

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« L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la communauté internationale sont clairement opposées au fait de lier un virus avec des pays ou des régions spécifiques, et contre toute stigmatisation. »

L’agence de presse officielle Chine nouvelle a jugé mardi dans un commentaire que l’utilisation de « noms racistes et xénophobes pour rejeter la responsabilité de l’épidémie sur d’autres pays ne peut que révéler l’irresponsabilité et l’incompétence de certains politiques ».

Le tweet de Donald Trump a également suscité la controverse aux Etats-Unis.

« La communauté des Américains d’origine asiatique — des gens dont VOUS êtes au service — souffrent déjà. Ils n’ont pas besoin que vous alimentiez encore plus l’intolérance », a tweeté Bill de Blasio, le maire de New York, l’un des Etats les plus touchés du pays.

 

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Sans résultats scientifiques définitifs sur l’origine du virus, qui a été détecté pour la première fois en décembre dans la ville chinoise de Wuhan (centre), Pékin exhorte à ne pas stigmatiser la Chine.

Un autre porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, est même allé plus loin. Il a évoqué la semaine dernière sur Twitter l’hypothèse que l’armée américaine ait importé le virus dans son pays — sans apporter de preuves.

En réponse, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a accusé lundi la Chine de « semer la désinformation et des rumeurs abracadabrantes » sur l’origine du nouveau coronavirus.

Pompeo avait auparavant lui-même provoqué l’agacement de Pékin en parlant du « virus de Wuhan », contrairement aux recommandations de l’OMS.