Vidéos. Venezuela: des Chavistes séquestrent des députés et investissent la rue

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Alors que le pays est plongé dans une crise politique majeure depuis plusieurs mois, une dizaine de personnes proches du président Maduro ont semé le chaos au Parlement, unique institution du pays contrôlée par l’opposition. Au moins sept députés ont été blessés.

Des partisans du président vénézuélien Nicolas Maduro ont blessé mercredi sept députés et une dizaine d’employés après avoir pénétré violemment dans l’enceinte du Parlement, unique institution du pays contrôlée par l’opposition. Près d’une centaine de personnes, certaines cagoulées, portant des bâtons et vêtues de rouge – la couleur du parti socialiste au pouvoir -, ont forcé le portail d’entrée du bâtiment et pénétré dans les jardins et les couloirs. Au moins trois étaient armées selon des témoignages de journalistes.

Au final, sept parlementaires ont été blessés, dont cinq hospitalisés. Le député Américo de Grazia «a eu des convulsions» et a été transporté à l’hôpital, a indiqué son collègue Juan Guaido, affirmant que les agresseurs avaient «des pierres, des bâtons et des couteaux». Dans un communiqué, le département d’Etat américain a dénoncé un «assaut inacceptable», estimant que cette «violence, perpétrée pendant la célébration de l’indépendance du Venezuela, est un assaut contre les principes démocratiques chéris par les hommes et les femmes qui se sont battus pour l’indépendance du Venezuela il y a aujourd’hui 206 ans».

L’incident est survenu alors que le Venezuela traverse sa pire crise économique et politique depuis des décennies, secoué par une vague de manifestations demandant le départ du président Maduro et qui a fait 91 morts en trois mois. Le président a nié toute implication: «Je condamne absolument ces faits. Je ne vais être complice d’aucune violence», a-t-il déclaré, affirmant avoir ordonné une enquête. En face, Julio Borges, président de l’Assemblée où l’opposition de centre droit est majoritaire depuis début 2016, a attribué cette irruption à des «colectivos», des groupes de civils pro-gouvernement. L’opposition pense qu’ils ont été armés par l’exécutif.

«Cela fait tout aussi mal que de voir à quel point le pays court chaque jour à sa perte», a commenté le député Armando Armas, avant de monter à bord d’une ambulance, la tête couverte de bandages ensanglantés. «Nous n’allons pas nous laisser intimider par ces actes de violence. Ici personne ne se rend face à cette dictature», a lancé le vice-président du Parlement, Freddy Guevara.

Tout avait commencé dans la matinée mercredi par une cérémonie improvisée par le gouvernement, dans l’enceinte même du parlement, avant l’arrivée des députés. Un épisode qui avait suscité l’indignation de l’opposition. Pendant que l’armée gardait le bâtiment, le vice-président Tareck El Aissami, accompagné du ministre de la Défense et chef des armées Vladimir Padrino Lopez et de militants chavistes, avait prononcé un discours de 15 minutes appelant «les exclus par le modèle capitaliste et par une classe politique apatride» (l’opposition), à réaffirmer leur engagement pour la révolution. Après cette cérémonie, et après l’arrivée des députés, c’est là qu’une centaine de personnes, certaines cagoulées, ont fait irruption dans le parlement.

Le président Maduro, qui dénonce des projets visant à le renverser avec le soutien de Washington, a récemment lancé un projet d’assemblée Constituante, dont les membres seront élus le 30 juillet. Selon le vice-président, changer la Constitution permettra d’«assurer définitivement l’indépendance» du Venezuela. Mais pour l’opposition, c’est une manœuvre pour s’accrocher au pouvoir. Même s’il bénéficie du soutien de l’armée, le président Maduro est sous pression, critiqué jusque dans son propre camp par la procureure générale Luisa Ortega, dont la Cour suprême pourrait bientôt prononcer la destitution.

Dans ce contexte tendu, un pilote d’hélicoptère accusé de tentative de coup d’Etat a appelé dans une nouvelle vidéo mercredi à poursuivre les manifestations contre le pouvoir. Activement recherché, ce policier, Oscar Pérez, un drapeau vénézuélien déployé derrière lui, y affirme: «Le moment de nous réveiller est venu (…) restons fermement mobilisés dans la rue».

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