Vidéos. Affaire Khashoggi: la police turque fouille le consulat saoudien à Istanbul

2521

Les autorités turques ont commencé lundi soir à fouiller le consulat saoudien à Istanbul dans le cadre de l’enquête sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi.

Un convoi de six voitures est arrivé au consulat sous haute sécurité peu après 19H00 (16H00 GMT). Les policiers, certains en uniforme et d’autres en civil, sont immédiatement entrés dans le bâtiment pour entamer leurs recherches. Un groupe de responsables saoudiens censés participer à la fouille est arrivé au consulat près d’une heure avant la police turque.
Cette fouille intervient au lendemain d’un entretien téléphonique entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le roi Salmane d’Arabie au cours duquel ils ont évoqué le cas de Khashoggi. L’éditorialiste saoudien, critique du pouvoir de Ryad et exilé aux Etats-Unis depuis 2017, s’était rendu au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre pour des démarches administratives en vue de son prochain mariage avec une Turque, Hatice Cengiz.
Il n’a plus été revu depuis Ryad assure qu’il a quitté la représentation diplomatique, mais les autorités turques affirment le contraire et certains responsables accusent les autorités saoudiennes d’avoir fait assassiner le journaliste dans le consulat par un groupe d’agents envoyés spécialement à cette fin. Erdogan a pressé à plusieurs reprises, en vain, les autorités saoudiennes de présenter des images prouvant que Khashoggi avait bel et bien quitté le consulat.
Trump appelle Salmane
Après une conversation téléphonique avec le roi Salmane, le président américain Donald Trump a émis une nouvelle hypothèse lundi: « Je ne veux pas spéculer à sa place mais il m’a semblé que, peut-être, cela pourrait être le fait d’éléments incontrôlables. Qui sait? », a-t-il déclaré. Trump a également annoncé qu’il dépêchait son secrétaire d’Etat Mike Pompeo en Arabie saoudite pour s’entretenir directement avec le roi d’Arabie saoudite.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a appelé pour sa part à la tenue d’une enquête approfondie et transparente, déclarant le Canada « très inquiet » de la disparition du journaliste. La fouille du consulat a été autorisée la semaine dernière par les Saoudiens, mais n’avait pas encore pu avoir lieu en raison d’un désaccord sur ses modalités, selon les médias turcs.