Vidéos. 5 choses à savoir sur Rachid Nekkaz, le « phénomène » de la présidentielle algérienne

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AFP.

L’opposant algérien, né en France, a été placé en résidence surveillée dans sa maison, à l’ouest d’Alger. Candidat à la présidentielle d’avril 2019, il est porté par la jeunesse algérienne.

Il demande à Emmanuel Macron de «cesser de soutenir un régime mafieux» qui instrumentalise l’image du président Bouteflika. Rachid Nekkaz, riche homme d’affaires algérien, a annoncé sur Franceinfo mardi avoir été «placé en résidence surveillée illégale». Qui est ce candidat à la présidentielle d’avril prochain?

● Il a tenté une carrière politique en France

Né à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) en 1972 de parents kabyles, neuvième d’une fratrie de 12 enfants, Rachid Nekkaz a grandi dans la banlieue parisienne. D’après son site internet, il monte une start-up informatique en 1998 avant de la vendre pour investir dans l’immobilier. L’homme d’affaires se lance ensuite dans la politique, présentant sa candidature aux présidentielles de 2007 et 2012, pour le «Parti Rachid Nekkaz». En vain, il ne parvient pas à obtenir les parrainages nécessaires. En 2007, il jurait pourtant avoir recueilli les 500 signatures nécessaires quand 13 seulement seront envoyées au Conseil constitutionnel quelques mois plus tard. En cause, selon lui, le cambriolage de son logement. Marié à une Américaine, père d’un fils résidant aux États-Unis, il laissera la France après ces échecs. En 2013, il assure même avoir rendu son passeport français, condition nécessaire pour se présenter à la présidentielle en Algérie.

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● Il est adepte des provocations

Rachid Nekkaz est un habitué des coups d’éclat. Il s’illustre déjà en 2007 lors de la présidentielle, quand, invité sur le plateau de LCI, il achète aux enchères le parrainage du maire de la commune de Noron-la-Poterie pour 1500 euros. Dans la foulée, toujours en direct à la télévision, il déchire le papier, affirmant ne pas être «prêt à tout pour être candidat à la présidentielle».


En 2011, il se fait de nouveau remarquer en déversant 10.000 pièces d’un euro devant le siège du Parti socialiste, protestant contre la cotisation d’un euro demandée par le parti pour participer au vote de la primaire socialiste. La même année, quand Dominique Strauss-Kahn est arrêté, il propose de participer à hauteur de 50.000 euros à la caution de sa libération.

● Il s’est fait connaître pour son combat contre les PV anti-niqab

Si les Français se souviennent de ce personnage sulfureux, c’est surtout pour son combat contre les amendes pour port de voile intégral en France, une infraction depuis la loi de 2010. Il assure avoir payé 1169 amendes. Il est violemment pris à partie en 2016 par Nadine Morano, quand il se rend à Toul, en Meurthe-et-Moselle, pour régler l’une de ces contraventions. Il assure toutefois être opposé au port du voile intégral. Interrogé par Le Figaro en 2016, il assurait agir uniquement «en tant que militant des droits de l’Homme».


● Il a eu des soucis avec la justice française

En 2013, il est condamné par le tribunal d’instance d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour avoir loué deux logements indignes à Choisy-le-Roi, situés dans le sous-sol d’un pavillon. Il se défend d’être un «marchand de sommeil», assurant venir en aide à des personnes en difficulté. En décembre de la même année, il est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis pour achat de parrainage. Il avait monnayé en 2012 des parrainages pour Marine Le Pen ou encore Cindy Lee, une strip-teaseuse qui avait fondé le Parti du plaisir.

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● Idole des jeunes Algériens devenue figure de l’opposition

Cela fait cinq ans qu’il tente inlassablement de se présenter à la présidentielle algérienne. Faute de soutiens suffisants il n’y parvient pas. Depuis l’annonce du président algérien Abdelaziz Bouteflika d’une candidature à un cinquième mandat lors de la présidentielle du 18 avril, il est monté au front. Adulé par la jeunesse algérienne, l’homme de 47 ans aux 1,5 million d’abonnés sur Facebook, prend régulièrement part aux manifestations qui secouent le pays. Souvent invité à la télévision, devenue une figure de l’opposition majeure, il se pose comme l’alternative à Bouteflika. De nouvelles dispositions constitutionnelles introduites en 2016 pourraient toutefois de nouveau l’empêcher de concourir. Il faut notamment apporter la preuve de sa résidence permanente exclusive en Algérie depuis 10 ans, ce qui n’est pas son cas. Ce samedi, alors qu’il participait à une mobilisation, il a d’ailleurs été violemment pris à partie puis expulsé du défilé par des «policiers», ont affirmé ses proches au Parisien . Trois jours plus tard, ce mardi, il affirme avoir été placé en résidence surveillée.