Vidéo. Tunisie: 600 arrestations, l’armée en renfort après des émeutes

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Des manifestants en action dans la banlieue de Tunis, le 17 janvier 2021. Fethi Belaid/AFP

Plus de 600 personnes ont été arrêtées après une troisième nuit d’émeutes dans de nombreuses villes de Tunisie, a indiqué le ministère de l’Intérieur lundi.

Des troubles ont éclaté au lendemain du dixième anniversaire de la chute du président Zine El Abidine Ben Ali et de son régime policier, le 14 janvier 2011.

Cet anniversaire a été étouffé par un confinement général de quatre jours qui s’est achevé dimanche, pour tenter d’endiguer une flambée de cas de covid-19, assorti d’un couvre feu à partir de 16H00.

Cela n’a pas empêché les échauffourées, dont les motifs exacts ne sont pas connus mais qui interviennent dans un contexte d’instabilité politique et de dégradation de la situation sociale en Tunisie.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khaled Hayouni, a fait état de 632 arrestations, évoquant des groupes de personnes entre 15 et 25 ans qui ont « brûlé des pneus et des poubelles afin d’entraver les mouvements des forces de sécurité ».

Les heurts ont éclaté dans des zones marginalisées, frappées de plein fouet par la crise économique inédite, la pandémie ayant mis à mal un début de reprise, alors que la classe politique, divisée, est paralysée.

 

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« Cela n’a rien à voir avec les mouvements de revendication garantis par la loi et la Constitution », a néanmoins estimé Hayouni. « Les revendications se déroulent normalement le jour (…) et sans actes criminels », a-t-il ajouté dans une interview à la radio privée Mosaïque, faisant état de deux blessés parmi les forces de l’ordre.

La police, déployée en nombre dans des dizaines de localités, dont le vaste quartier populaire d’Ettadhamen en périphérie de Tunis, a été prise pour cible par des protestataires souvent jeunes.

Des pillages ont également eu lieu dans certaines zones.

L’armée a déployé des renforts dans les régions de Bizerte (nord), Sousse (est), Kasserine et Siliana (centre-ouest) – afin de protéger les bâtiments publics, a indiqué lundi à l’AFP un porte-parole du ministère de la Défense, Mohamed Zikri.