Vidéo. Tariq Ramadan mis en examen pour viols et incarcéré

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Deux femmes ont porté plainte contre le théologien suisse. Elles l’accusent de les avoir violemment agressées, en 2009 et 2012.

C’est l’une des conséquences des mouvements #BalanceTonPorc et #MeToo. Le théologien musulman Tariq Ramadan, en garde à vue depuis deux jours, a été mis en examen vendredi soir à Paris pour viols et incarcéré, selon une source judicaire.
L’idéologue controversé est accusé par deux femmes de les avoir violement agressées, l’une à Paris, l’autre à Lyon, selon un mode opératoire similaire, en 2009 et 2012. Il a été confronté à la seconde jeudi, pendant plus de trois heures. Selon Le Parisien , cette dernière a décrit des violences sexuelles d’une grande brutalité, tandis que le théologien a simplement reconnu une relation de séduction. La femme, qui se présente sous le pseudonyme de «Christelle», aurait mentionné l’existence d’une cicatrice sur le corps de Tariq Ramadan, que ce dernier a reconnu posséder, sans parvenir à expliquer comment elle pouvait être au courant de ce détail. Le prédicateur a refusé de signer le procès-verbal de la confrontation.

Insulte, gifle et violence

L’autre femme qui accuse de viol le petit-fils du fondateur des Frères musulmans se nomme Henda Ayari. Ancienne salafiste, elle est aujourd’hui militante féministe. Elle a refusé d’être confrontée à celui qu’elle désigne comme son agresseur. C’est elle qui a formulé les premières accusations à l’encontre du Suisse, en 2016, dans un livre où elle raconte l’agression, au cours de laquelle il l’aurait «insultée», «giflée» et «violentée». Elle ne donne pas son nom à l’époque mais finit par le révéler dans la foulée de l’affaire Weinstein.
La défense du théologien a versé au dossier des pièces censées discréditer sa parole. Parmi ces documents figurent des conversations sur Facebook au cours desquelles une femme qui se présente comme Henda Ayari fait en 2014 – soit deux ans après les faits présumés – des avances explicites au théologien, qui n’y donne pas suite.
Outre ces deux femmes, Tariq Ramadan est accusé par quatre femmes d’avoir été harcelées et d’avoir eu des relations sexuelles avec lui alors qu’elles étaient mineures, âgées de 14 à 18 ans. Les faits remontent aux années 1980 et 1990. Des accusation également démenties par le petit-fils du fondateur des Frères musulmans.
L’université d’Oxford, où Tariq Ramadan est professeur d’études islamiques contemporaines, a décidé de mettre l’islamologue suisse en congés début novembre, quelques temps après le début de la polémique.