Vidéo. Syrie: 42 civils tués dans des raids aériens sur la Ghouta

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Capture d’écran twitter @doamuslims

Ces raids interviennent au lendemain du départ de 200.000 civils de Hammouriyé et de localités environnantes. C’est l’exode le plus massif depuis le 18 février. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ils ont été menés par l’aviation russe, alliée de Bachar el-Assad.

Sept ans après le début de la guerre en Syrie, rebelles et forces gouvernementales s’affrontent toujours. Au moins 42 civils ont été tués vendredi dans les raids aériens visant l’enclave rebelle dans la Ghouta orientale, selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Ces raids ont été imputés par l’OSDH à l’aviation russe.


Dans la seule localité de Kafar Batna, les frappes ont tué 31 civils et fait une centaine de blessés, après des bombardements similaires sur la localité de Saqba, où 11 civils ont été tués, selon l’Observatoire. Depuis plusieurs mois, le conflit se concentre sur la Ghouta orientale, près de Damas. La partie rebelle, régulièrement bombardée, est en passe d’être entièrement reprise par l’armée de Bachar el-Assad.
 
Jeudi, des milliers de civils ont fui la partie rebelle de la Ghouta. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, près de 20.000 personnes ont été évacuées de Hammouriyé et de localités environnantes. À pied, à moto ou en voiture, des familles syriennes épuisées et affamées ont été déplacées vers des zones gouvernementales, laissant derrière elles des proches et des maisons détruites par les bombardements du régime. Il s’agit de l’exode le plus massif depuis le 18 février de l’enclave rebelle où quelque 400.000 civils subissent un siège asphyxiant imposé en 2013 par le régime. Selon un responsable syrien, des centres d’accueil provisoires ont été aménagés dans des localités proches de la capitale, dont celle d’Adra, sous contrôle du régime.
Un convoi humanitaire à Douma
D’autres civils ont également été évacués de Douma. 250 personnes donc 40 malades ont ainsi pu quitter la ville alors qu’un nouveau convoi d’aide alimentaire est entré dans cette ville, accompagné du président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer. Ce convoi conjoint du CICR, du Croissant Rouge Arabe Syrien et de l’ONU apportait des vivres pour quelque 26.000 personnes. «Ce n’est qu’une petite partie de ce dont ces familles ont besoin», a déclaré le CICR.
Dans la soirée, les forces prorégime, aidées «d’officiers et de conseillers militaires russes», ont réussi à reprendre le village d’Al-Rihane près de Douma, selon l’OSDH. Mais, à Hammouriyé reconquise totalement plus tôt par le régime, des combats ont éclaté dans la soirée après une contre-offensive du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, présent dans l’enclave, et de la faction rebelle Faylaq al-Rahmane qui ont repris certains secteurs, a indiqué l’ONG. Quatorze combattants prorégime ont péri.
La situation humanitaire devait notamment être évoquée ce vendredi à Astana, capitale du Kazakhstan, où étaient réunis pour discuter de la Syrie les ministres des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, iranien, Mohammad Javad Zarif, et turc, Mevlut Cavusoglu. «La situation sur le terrain sera examinée» au cours de ces nouvelles discussions du processus d’Astana, ainsi que «les succès et les difficultés dans le processus de désescalade», a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères. Les États-Unis ont accusé jeudi la Russie d’être «moralement complice et responsable des atrocités d’Assad». Le temps est venu d’imposer à Moscou des mesures «politiques et économiques sérieuses», a dit le conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster.
Déclenchée le 15 mars 2011 avec la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 350.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.