Vidéo. En Russie l’opposition descend dans la rue réclamant la démission de Poutine

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Des milliers de personnes ont manifesté pour la démission du président ainsi que la libération du leader de l’opposition Alexeï Navalny, actuellement en prison. Selon une ONG, plus de 130 personnes ont été interpellées dans 25 villes.

Plusieurs milliers de personnes, 3000 personnes à Saint Petersbourg selon les medias proches de l’opposition, ont manifesté samedi dans plusieurs villes de Russie pour exiger la libération du leader de l’opposition Alexeï Navalny – actuellement en prison – et la démission de Vladimir Poutine qui fêtait le même jour ses soixante-cinq ans.

 

 À Moscou, contrairement aux meetings précédents, la police n’a procédé à aucune arrestation notable malgré l’interdiction du rassemblement, laissant près de 700 manifestants selon la police, défiler aux alentours de la place Rouge et de la place Pouchkine, se permettant également de passer devant le siège de Douma, le parlement fédéral. Au total selon OVD Info, il y a eu 262 arrestations dans 27 villes, dont 66 pour la seule ville de Saint-Pétersbourg, où les interpellations ont été brutales.

Le leader de l’opposition, Alexeï Navalny, qui s’est fait une spécialité de dénoncer la corruption des élites russes, purge lui-même une peine de vingt jours de prison pour avoir appelé il y a deux semaines à un rassemblement à Nijni Novgorod, décrété interdit par les autorités.

La participation de samedi était largement inférieure aux deux éditions précédentes qui avaient eu lieu au printemps et avant l’été, et ceci en attendant un autre rassemblement test prévu plus tard dans la soirée à Saint-Pétersbourg, la ville où le chef du Kremlin avait entamé son ascension politique dans les années 90. Comme toutes les autres, cette manifestation est également non autorisée.

«Poutine voleur», «le pouvoir c’est nous», «impeachment», «Liberté pour Navalny», «la Russie sera libre»… Tels étaient les slogans les plus communément partagés dans la capitale russe par une foule composée presque exclusivement de jeunes moscovites. «Poutine mène le pays nulle part, nous avons vraiment besoin de changements», expliquait Janna, en compagnie de deux de ses camarades, plus jeunes que leurs 18 ans affichées publiquement. Un manifestant tenait au bout d’un manche à balai un carton emballé dans un paquet cadeau, avec un message en lettres noires: «À la retraite!». Après dix sept ans de pouvoir ininterrompu, le chef du Kremlin, 65 ans samedi, devrait briguer un quatrième mandat pour les élections présidentielles de mars 2018, qui le mènerait alors jusqu’en 2024.

«Si seulement Navalny était autorisé à se présenter, ce serait une grande victoire. Dans le cas cas contraire, ça peut devenir plus violent», pronostiquait Pacha, étudiant dans une université dont il préfère le nom par crainte des représailles: cette semaine, la direction de sa faculté l’avait convoqué lui et tous ses camarades pour les dissuader de participer à la manifestation.

Déjà condamné à deux ans et demi de prison avec sursis pour détournement de fonds, Alexeï Navalny devrait logiquement être interdit de participation à la campagne électorale. Ce qui ne l’empêche pas d’ouvrir des bureaux de campagne dans plusieurs villes russes afin d’élargir sa base. Un grand nombre de Russes ignorent même jusqu’à son existence, Vladimir Poutine, comme la télévision publique, s’abstenant de prononcer son nom. Samedi, plusieurs membres de son état major ont été arrêtés. Son principal lieutenant, Leonid Volkov, est également en prison depuis une semaine.