Vidéo-Photos. Au moins 70 morts dans de violents incendies en Grèce

307
Des bâtiments en feu à Mati. Le Figaro.

La vague de chaleur à laquelle le pays fait face a engendré plusieurs incendies dans différentes régions. Plus d’une centaine de personnes ont également été blessées, et le bilan menace de s’alourdir. Les autorités ont sollicité l’aide de l’Europe et du matériel auprès des États-Unis.

La situation s’aggrave en Grèce: les violents incendies qui ont ravagé lundi les alentours d’Athènes ont fait au moins 50 morts et plus de 150 blessés, dont onze graves, selon un bilan encore provisoire. À l’aube mardi, les feux en Attique n’étaient toujours pas maîtrisés, selon les pompiers, et d’autres ont éclaté dans la nuit dans d’autres parties du pays.

La plupart des victimes ont été piégées dans les environs de la localité balnéaire de Mati, à 40 km au nord-est d’Athènes, «à leur domicile ou dans leurs voitures», a indiqué le porte-parole du gouvernement grec dans un message télévisé, en annonçant «au moins vingt morts».

Un peu plus tard, les autorités portuaires ont indiqué à l’AFP avoir retrouvé dans la mer quatre corps, ceux de trois femmes et un enfant, qui s’y étaient apparemment réfugiés pour échapper aux flammes.
Des bâtiments en feu à Mati. Le Figaro.

«Nous risquons de découvrir de nouvelles victimes», s’est inquiété un responsable des pompiers, qui recevaient de nombreux appels signalant des personnes introuvables.
Par la suite, un responsable de la Croix-Rouge a en effet annoncé qu’un groupe de 26 personnes carbonisées avait été découvert mardi matin dans la cour d’une villa de Mati.
Des habitants tentent d’éteindre une maison en flammes à Mati. Le Figaro.

Des milliers d’habitants appelés à évacuer

Les autorités ont appelé lundi des milliers d’habitants de la région côtière à abandonner leurs maisons pour échapper au gigantesque brasier qui a entraîné la fermeture de l’autoroute la plus fréquentée du pays, de liaisons ferroviaires et perturbé le trafic aérien à l’aéroport d’Athènes en raison de la mauvaise visibilité.

À Kineta, près d’Athènes. ANGELOS TZORTZINIS/AFP

Neuf patrouilleurs côtiers, deux bâtiments militaires et des dizaines de bateaux privés assistés d’hélicoptères de l’armée étaient mobilisés pour évacuer vers le port de Rafina, proche de Mati, les résidents et touristes ayant fui les flammes sur les plages et en mer, a précisé un responsable des pompiers.
Des habitants se tiennent sur la plage à l’abri de voitures garées pour les protéger à Mati. Le Figaro.

Les rescapés étaient transférés vers des hôtels et des camps militaires, tandis que de nombreux proches inquiets affluaient à Rafina.
Des habitants observent depuis Rafina un incendie à proximité d’Athènes, lundi. ANGELOS TZORTZINIS/AFP

La Grèce a activé le mécanisme européen de protection civile pour obtenir de l’aide de ses partenaires. Le porte-parole a aussi mentionné qu’il y avait eu «15 départs de feu simultanés sur trois fronts différents en Attique», ce qui a conduit la Grèce à demander des drones aux États-Unis, «pour observer et détecter toute activité suspecte».
Au vu de la situation, la présidence de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie en Grèce en juillet 1974. Le premier ministre Alexis Tsipras est rentré précipitamment d’un déplacement en Bosnie pour suivre les opérations.

Vague de chaleur et vents forts

Selon le chef de l’État, «plus de 600 pompiers» étaient sur les trois fronts des incendies, attisés par des vents soufflant jusqu’à plus de 100 km/h, notamment à Mati et près de Kineta, à l’ouest de l’Attique. Il a enjoint les personnes des zones à risque à «se rappeler que le bien le plus précieux est la vie» et à ne pas tenter de protéger leurs biens envers et contre tout.

Un pompier tente de circonscrire les flammes à Mati, dans la nuit de lundi à mardi. Le Figaro.

Les incendies ont pris alors qu’une vague de chaleur s’abattait sur le pays, avec des températures grimpant jusqu’à 40 degrés Celsius. Selon les services météo, les conditions doivent rester difficiles mardi, quoique les températures en Attique soient prévues en baisse, avec des averses.
Les incendies de forêt et de maquis sont récurrents en Grèce l’été. Les derniers feux les plus dévastateurs avaient tué en 2007 dans le Péloponnèse et sur l’île d’Evia 77 personnes, ravageant 250.000 hectares de forêts, maquis et cultures. La sécheresse et la chaleur affectent cependant toute l’Europe du Nord également depuis plusieurs semaines. En Finlance, en Norvège et en Suède, la chaleur a embrasé des forêts et tourbières. Pas moins de 25.000 hectares sont déjà partis en fumée ou continuent de se consumer, soit deux fois la superficie de la ville de Paris.