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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Le président français a achevé sa visite d’État à Washington sans avoir fait changer d’avis le président américain. Mais il a offert «un cadre diplomatique d’action» et se propose comme «médiateur impartial».

    Emmanuel Macron a beau avoir longuement bataillé avec Donald Trump, mardi matin dans le Bureau ovale, sur les mérites de l’accord nucléaire conclu avec l’Iran en 2015 (JCPOA), il ne pense pas l’avoir convaincu. «J’ignore ce que votre président va décider, a-t-il déclaré mercredi à des éditorialistes américains, mais à mon avis il va se débarrasser de cet accord de son propre chef, pour des raisons de politique intérieure.»
    Dans la foulée, il a clarifié son propos lors de la conférence de presse concluant sa visite d’État à Washington. «Je souhaite que les États-Unis confirment l’accord, c’est mon scénario préféré», a dit le président français. Mais «je suis doué d’ouïe et je n’entends pas une volonté farouche de le maintenir ou de le défendre. Ce n’est là que l’analyse rationnelle des déclarations du président Trump. Mon action n’est pas d’essayer de le faire revenir sur ses promesses électorales.»
    À la place, Emmanuel Macron considère comme «une avancée nouvelle» d’avoir rallié son homologue à l’idée de créer «un cadre diplomatique d’action» permettant «d’inscrire la discussion dans un multilatéralisme fort, quelle que soit la décision américaine.» Les États-Unis doivent annoncer le 12 mai au plus tard s’ils restent ou se retirent du JCPOA et rétablissent les sanctions contre l’Iran, lequel menace en retour de relancer son programme nucléaire. Il s’agit alors «d’éviter de tomber dans une sorte de néant», dit le chef de l’État.

    D’où sa proposition, «coordonnée avec nos partenaires européens», d’élaborer «un nouvel accord» dont le JCPOA serait le premier pilier. Il serait complété par trois volets: un sur le nucléaire à long terme, un autre sur le programme iranien de missiles balistiques, un troisième sur l’expansionnisme régional de Téhéran, en Syrie, en Irak et au Yémen. La méthode passe par un dialogue avec l’Iran et les puissances régionales, y compris la Russie et la Turquie, dit Emmanuel Macron. Mais l’idée est loin de plaire aux parties concernées.
    Si le président français s’est fait une raison avec Donald Trump, il n’en juge pas moins que «changer de position aussi souvent, c’est de la folie à moyen et long termes.» Il assure avoir «une très bonne relation personnelle» avec le président américain et ne voit «aucune contradiction» à être en désaccord avec lui sur de nombreux dossiers. Trump déploie une «stratégie de tensions croissantes», face à l’Iran et la Corée du Nord ou dans la guerre commerciale. «Je veux être le médiateur impartial de la situation», dit Emmanuel Macron.
    Lire aussi: Vidéo. Trump et Macron se rapprochent sur l’Iran
    Pour «éviter une escalade entre alliés», il espère que Washington accordera à l’Europe «une exemption définitive» des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium. «Je souhaite une pacification de la situation commerciale mondiale», dit-il, ajoutant à l’endroit des États-Unis: «Quand on est une grande puissance, on respecte les règles qu’on a contribué à créer.» Le secrétaire au Trésor américain, Steve Mnuchin, doit se rendre à Paris ce jeudi pour discuter des problèmes de propriété intellectuelle, de subventions étatiques et de contrôle des industries stratégiques.
    Le président français a été mis en porte-à-faux par l’éloge que lui a adressé mardi son homologue américain en saluant «la manière très honnête et directe, pas toujours populaire» dont il gère les questions d’asile et d’immigration. «Je ne construis pas de mur», se défend Emmanuel Macron. Tout en assurant «avoir trop de respect envers la démocratie pour commenter la politique migratoire du président Trump, je peux vous dire que je ne partage pas cette philosophie», ajoute-t-il.
    «Les États-Unis font face à un choix profond, presque de civilisation, conclut le président: remettre en cause l’ordre international qu’ils ont construit, ou le transformer pour le préserver.» La France se déclare disponible pour la deuxième voie.

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