Vidéo. Les deux derniers Français jugés en Irak condamnés à mort

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Les deux derniers Français actuellement jugés en Irak pour «appartenance au groupe Etat islamique» (EI) ont été condamnés lundi 3 juillet en première instance à la peine de mort, a constaté une journaliste de l’AFP.

Bilel Kabaoui, 32 ans, ainsi que Mourad Delhomme, 41 ans et présenté par le renseignement comme un «vétéran du djihad», ont écopé de la peine capitale. Ils font partie d’un groupe de 12 membres présumés de Daech – 11 Français et un Tunisien – transférés fin janvier de Syrie en Irak pour être jugés. Ils ont tous été condamnés à mort.

Ils sont jugés en Irak car les autorités kurdes de Syrie qui les détenaient ne représentent pas un Etat et Paris n’entretient pas de relations diplomatiques avec le régime de Damas.

La loi irakienne prévoit jusqu’à la peine de mort pour quiconque est reconnu coupable d’appartenance à une organisation « terroriste » –que l’accusé ait ou non combattu.

Cette semaine de procès a relancé le débat sur ces étrangers de l’EI dont le retour au pays suscite un vif rejet dans les opinions publiques européennes.

La France se trouve devant un paradoxe: elle ne veut pas juger ses ressortissants mais elle est opposée par principe à la peine de mort. Paris dit donc intervenir « au plus haut niveau » pour éviter qu’ils ne soient pendus – sans toutefois contester l' »équité » des procès.

Selon Human Rights Watch, les procès irakiens présentent de « graves lacunes, dont la torture » avec l’emploi de « diverses techniques qui ne laissent pas de marques durables, comme frapper les suspects sur la plante des pieds et les simulacres de noyade ». Cette ONG a exhorté la France à ne pas « sous-traiter la gestion » de ses ressortissants alors qu’elle a fermement exclu leur rapatriement et leur jugement sur son sol, réclamé par les avocats des familles.