Vidéo. Israël: la mairie de Tel-Aviv s’illumine aux couleurs du Liban

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Crédit: AFP.

La métropole israélienne Tel-Aviv a illuminé mercredi soir son hôtel de ville aux couleurs du drapeau libanais en solidarité avec le pays du Cèdre, toujours techniquement en état de guerre avec Israël, au lendemain de deux explosions meurtrières à Beyrouth.

D’après les autorités libanaises, quelque 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium, stockées « sans mesures de précaution » dans le port de Beyrouth, sont à l’origine des deux déflagrations qui ont fait mardi plus de 100 morts et des milliers de blessés, dévastant une partie de la ville.

En soirée, la large façade de la mairie s’est illuminée de deux barres rouges ceinturant un cèdre vert sur fond blanc, alors que des Israéliens se rassemblaient à proximité sur la place Rabin en solidarité envers le Liban, a constaté un photographe de l’AFP.

« Ce soir, nous illuminerons la mairie (de Tel-Aviv) avec le drapeau libanais. L’humanité passe avant tout conflit et nos coeurs sont avec le peuple libanais suite au terrible désastre qui l’a frappé », avait déclaré avant l’événement sur Twitter Ron Huldai, le maire de la métropole côtière israélienne, membre du Parti travailliste (gauche).

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a de son coté présenté mercredi les condoléances du gouvernement au peuple libanais lors d’un débat à la Knesset, le Parlement.

La veille, le gouvernement israélien avait appelé à « dépasser le conflit » en proposant « une aide humanitaire et médicale » au Liban, pays voisin avec lequel il reste techniquement en guerre et dont la frontière commune reste hautement militarisée.

 

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Des sources gouvernementales avaient nié toute implication de l’Etat hébreu dans les explosions à Beyrouth.

L’initiative de Tel-Aviv ne semble pas faire consensus en Israël, étant notamment dénoncée par un ministre du gouvernement d’union mené par M. Netanyahu, Rafi Peretz, aussi membre d’une petite formation de la droite radicale.

« Il est possible et nécessaire de proposer une aide humanitaire aux civils libanais mais agiter le drapeau de l’ennemi au coeur de Tel-Aviv tient de la confusion morale », a écrit mercredi sur Twitter, M. Peretz.

En 2006, une guerre avait opposé Israël au mouvement chiite libanais Hezbollah, sa bête noire, faisant 1.200 morts côté libanais et 160 côté israélien.

L’Etat hébreu a récemment annoncé être en état d’alerte à la frontière libanaise, affirmant notamment avoir déjoué une attaque « terroriste » et ouvert le feu sur des hommes armés ayant franchi la « Ligne bleue » séparant le Liban et Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a attribué l’infiltration au Hezbollah qui a démenti toute implication.