Vidéo et diapos. Les Palestiniens enterrent leurs morts avant de reprendre la manifestation

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Des Palestiniens se sont rassemblés mardi à Gaza pour les funérailles des dizaines de manifestants tués par l’armée israélienne à la frontière avec la bande de Gaza lundi, jour du 70e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël et de l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.
En raison des funérailles organisées mardi, la frontière était relativement calme aux premières heures du jour. Les manifestants étaient attendus à la clôture plus tard dans la journée.
Le mouvement de protestation palestinien, qui dure depuis des semaines, doit culminer ce mardi 15 mai, jour que les Palestiniens appellent la « Nakba » (la « Catastrophe »), qui marque l’exode de centaines de milliers d’entre eux, expulsés ou fuyant les combats, lors de la création de l’Etat d’Israël en 1948.
Lundi a été le jour le plus sanglant pour les Palestiniens depuis 2014 lors de la guerre entre Israël et le Hamas, le mouvement islamiste qui dirige la bande de Gaza : le bilan est passé à 60 morts après le décès d’une fillette de 8 mois qui avait inhalé du gaz lacrymogène.


Depuis le début du mouvement de protestation le 30 mars, plus de 100 Palestiniens ont été tués, selon les autorités médicales palestiniennes.

تشييع الشهيدة الطفلة ليلى الغندور

شاهد: تشييع الشهيدة الطفلة ليلى الغندور "8 شهور" التي استشهدت نتيجة إستنشاق الغاز الذي أطلقه جيش الإحتلال أمس في قطاع غزة.تصوير: علاء محيسن#القدس_عربية#مسيرة_العودة_الكبرى

Publiée par ‎شبكة قدس الإخبارية‎ sur Mardi 15 mai 2018

Ce bain de sang de lundi a suscité la réprobation. Emmanuel Macron a condamné ces violences lors d’entretiens téléphoniques avec le roi Abdallah II de Jordanie et le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Le président français devait s’entretenir mardi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a décrété une grève générale ce mardi dans les territoires palestiniens, ainsi que trois jours de deuil national.
Les Etats-Unis n’ont pas voulu se joindre à la réprobation. La Maison blanche a apporté son soutien à Benjamin Netanyahu qui a estimé qu’Israël avait « l’obligation de défendre ses frontières ».
Le porte-parole du Conseil des droits de l’homme de l’Onu, Rupert Colville, a déclaré mardi qu’Israël avait le droit de défendre ses frontières, selon les lois internationales, mais que la force létale ne devait être utilisée qu’en dernier recours, et que celle-ci n’était pas justifiée contre les Palestiniens qui approchaient la clôture.
En contraste à la violence qui régnait à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, les Américains ont inauguré la nouvelle ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, conformément à la décision annoncée en décembre dernier par Donald Trump de reconnaître la ville trois fois sainte comme capitale de l’Etat d’Israël.