Vidéo. Attaques dans le sud de la France: les otages du supermarché témoignent

Crédit: AFP

Un client et un vigile ont raconté les trois heures de la prise d’otages qui a eu lieu vendredi dans le supermarché situé près de Carcassonne. Leurs témoignages sont impressionnants.
«J’ai vu un individu très excité qui avait une arme de poing, un couteau et qui criait Allah Akbar»: Christian Guibbert, ex-policier, a raconté à l’AFP la prise d’otages meurtrière vendredi au supermarché de Trèbes, où il a mis plusieurs clients à l’abri. «Il a aussi crié aux gens qui étaient là: ‘A terre! à terre!’. Il y avait déjà une personne à terre, on a su après qu’elle était décédée», a relaté calmement ce retraité de la police. Il dit avoir entendu «cinq ou six coups de feu tirés par l’individu».
Christian Guibbert, 64 ans, faisait ses courses vers 10h00 au Super U de Trèbes avec sa femme et sa belle-soeur quand il a «entendu des détonations». «Je me suis approché pour voir ce qu’il se passait», a-t-il dit. C’est là qu’il voit le preneur d’otages Radouane Lakdim, 25 ans, avec une «arme de poing et un couteau». Il était «très excité», «très énervé», c’était «monsieur tout le monde», souligne ce sexagénaire qui a «25 ans de police». Il «criait Allah Akbar. Il l’a crié à plusieurs reprises».

Un client du supermarché où a eu lieu une attaque terroriste vendredi près de Carcassonne raconte comment il a échappé à l’assaillant qui a tiré «cinq ou six coups de feu».
Immédiatement, Christian Guibbert a «emmené» sa femme et sa belle-soeur «à l’abri avec les gens qui étaient à proximité. Je les ai mis dans un frigo de boucher», a-t-il dit. «C’était un grand frigo de boucher. Pour moi, c’était une grande sécurité», a-t-il souligné, estimant que ces personnes y étaient restées une «grosse demi-heure» avant d’être évacuées.
Puis il est retourné dans le supermarché, et caché dans un rayon, il a appelé «la gendarmerie. Je leur ai dit ce qu’il se passait. J’ai donné la position du gars et ce qu’il avait dans les mains. Il m’a aperçu. Je pense qu’il m’a vu quand je téléphonais», a-t-il dit. «Il m’a couru après avec le couteau, je l’ai semé et quand je me suis retourné, il n’était plus là», a-t-il poursuivi. L’ancien policier est alors parvenu à «sortir par une issue de secours» et se confier aux gendarmes.
Traumatisme
«Moi, j’étais à cinq mètres de lui», a raconté de son côté un vigile du supermarché, qui veut garder l’anonymat. «Il m’a tiré deux fois dessus. Il tirait mal», dit-il soulignant que dans ces cas-là, «on n’a pas le temps de réfléchir: Vous faites demi-tour et vous partez». «J’ai évacué le personnel, je les ai fait passer par derrière pour les éloigner de la zone, une vingtaine de personnes peut-être. J’ai pas trainé», a poursuivi cet homme qui a 22 ans de métier dans l’armée.
«On a fait sortir des collègues et des clients par la porte de secours à l’arrière», a confirmé Jacky, collègue de travail d’une des victimes à la boucherie du supermarché. «Il a été tué d’une balle dans la tête à bout portant. Cela faisait 15 ans que l’on travaillait ensemble à la boucherie. C’est un copain, un bon vivant», a-t-il ajouté.
«On a mal au coeur pour ces employés de Super U. C’est un traumatisme. C’est choquant, des employés qu’on connaît depuis des années», a souligné une habituée.
 
Avec AFP