Vidéo. Algérie/manifestations: des personnes blessées à l’œil par des balles en caoutchouc

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Une dizaine de personnes ont été blessées à l’œil, certaines grièvement, en Algérie par des balles en caoutchouc lors de la répression des manifestations contre la présidentielle du 12 décembre, la veille et le jour du scrutin, selon un responsable associatif.

« Le bilan est encore provisoire, mais on compte une dizaine de blessés. Certains sont encore hospitalisés (…) et certains ont définitivement perdu l’œil », a déclaré à l’AFP Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits humains (LADDH).

Ils ont été touchés par des balles en caoutchouc, « les 11 et 12 décembre, essentiellement en Kabylie, à Béjaïa, Bouira, Tizi-Ouzou et Boumerdès », localités situées entre 50 et 180 km à l’est d’Alger, où le scrutin a été marqué par des incidents et n’a pu se tenir, a précisé Salhi.

Ces deux jours-là, la police est brutalement intervenue dans le pays, notamment à Alger, pour disperser plusieurs manifestations hostiles à la tenue de la présidentielle controversée, remportée par Abdelmadjid Tebboune.

 

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L’essentiel d’entre elles étaient pacifiques. En Kabylie, un centre de vote a été saccagé et un local de l’Autorité électorale incendié. La police avait également dû repousser des manifestants qui tentaient d’entrer dans le bâtiment de la préfecture de Tizi-Ouzou. Le vote n’a quasiment pas pu avoir lieu dans cette région traditionnellement frondeuse.

Sur les réseaux, une campagne a été lancée: des internautes s’affichent avec une main cachant un œil pour marquer leur soutien aux blessés. Une collecte a également été lancée sur Facebook.

Mardi, à l’occasion de la manifestation hebdomadaire des étudiants du « Hirak » –le mouvement de contestation contre les autorités déclenché en février– de nombreux manifestants arboraient un pansement sur l’œil, en solidarité avec les blessés et pour protester contre la répression.

 

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Le Comité national de libération des détenus (CNLD), association qui recense et défend les personnes arrêtées dans le cadre du « Hirak », a invité les manifestants blessés à se faire connaître auprès d’une de ses avocates pour lancer des actions en justice.

Le CNLD dit avoir dénombré 1.200 arrestations dans les rangs des manifestants entre le 11 et le 13 décembre, dont dix ont été placés en détention provisoire.

De son côté, la LADDH « réclame la prise en charge médicale mais aussi sociale des blessures » par les autorités, a souligné Salhi, rappelant que certains blessés sont salariés et soutiens de famille.