Vidéo. Algérie: Louisa Hanoune placée en détention provisoire

Louisa Hanoune au moment de se présenter au tribunal. Capture d'écran. DR.

La secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) algérien a été écrouée jeudi, à l’issue de son audition par la justice militaire, dans une enquête pour complots contre l’Etat et l’armée visant le frère du chef de l’Etat déchu, selon un responsable du PT.

Louisa Hanoune « a été placée en détention provisoire », a déclaré à l’AFP le député Ramdane Youssef Tazibt, membre du bureau politique du PT, précisant ne pas connaître les chefs d’inculpation qui lui ont été signifiés.

« Elle a été convoquée comme témoin en lien avec les responsables arrêtés ces derniers jours » – Saïd Bouteflika, frère du président déchu Abdelaziz Bouteflika, et deux anciens puissants patrons des services de renseignements – « et elle se retrouve à son tour arrêtée », a-t-il ajouté.

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Mme Hanoune est « le premier responsable politique à subir une telle dérive » de la justice algérienne, a-t-il dénoncé.

La télévision nationale avait montré à la mi-journée Louisa Hanoune, candidate aux trois derniers scrutins présidentiels, arrivant seule au tribunal militaire de Blida (40 km au sud d’Alger), où elle avait été convoquée par un juge d’instruction militaire.

La télévision n’avait pas précisé sous quel statut elle était convoquée, mais son parti avait affirmé qu’elle l’était en tant que « témoin ».

Ce même tribunal avait placé le 5 mai en détention provisoire Saïd Bouteflika ainsi que les généraux Mohamed Mediene dit « Toufik » et Athmane Tartag dit « Bachir », après les avoir tous trois inculpés d' »atteinte à l’autorité de l’armée » et de « complot contre l’autorité de l’Etat », sans rendre public les faits qui leur sont reprochés.

Saïd Bouteflika a été longtemps vu comme un « président-bis », accusé depuis des années d’avoir accaparé le pouvoir à mesure que déclinait la santé de son frère.

Considéré durant sa carrière comme un des hommes les plus puissants d’Algérie, « Toufik » a été durant 25 ans le chef du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), jusqu’à sa mise à la retraite en 2015. « Bachir », son adjoint, lui avait succédé à la tête d’une nouvelle structure issue du DRS démantelé.

A la mi-journée, le PT, parti d’inspiration trotskiste fondé en 1990 lors de l’ouverture au multipartisme, avait dénoncé sur son compte Facebook une « campagne répugnante contre le Parti des Travailleurs et sa secrétaire générale ».

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Députée depuis 1997 et décrite comme une pasionaria, Mme Hanoune a été candidate aux élections présidentielles de 2004, 2009 et 2014, toute remportées au 1er tour avec plus de 80% par Abdelaziz Bouteflika.

Elle a obtenu son meilleur score en 2009, en arrivant en 2e position avec 4,22% des voix et n’a rassemblé que 1% puis 1,37% des suffrages en 2004 et 2014.

Sous couvert d’opposition virulente, Mme Hanoune a été accusée par ses détracteurs, dont une partie du mouvement actuel de contestation populaire contre le régime, de faire le jeu du « système » en participant aux élections, jugées largement frauduleuses, et en ménageant ses critiques contre le président Bouteflika.